Guillaume Rousseau, candidat péquiste dans Sherbrooke, lance l’idée d’un projet-pilote d’école publique alternative et inclusive. Il a l’appui de Maxim Beauregard Dionne, ce commissaire de la CSRS qui déménage au Nouveau-Brunswick pour le bien de sa fillette, atteinte d’une légère déficience intellectuelle.

Rousseau encourage l’inclusion dans les écoles

Après deux années à la présidence du conseil d’administration de Dysphasie-Estrie, le candidat péquiste dans Sherbrooke Guillaume Rousseau se dit soucieux du cas des élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA), dont l’accès à une pédagogie adaptée est difficile. S’il est élu, M. Rousseau assurera la création d’un projet-pilote d’école publique alternative et inclusive, où les enfants EHDAA pourront apprendre aux côtés des autres, tout en ayant le soutien adapté à leur condition.

« On veut faire avancer les connaissances, il y aura des chercheurs associés à ça pour suivre l’évolution du projet. On veut mettre ensemble les élèves EHDAA avec des élèves qui n’ont pas de handicap et on veut leur proposer à la fois des pédagogies traditionnelles, mais aussi des pédagogies plus innovantes et adaptées comme le jeu, la musique, les couleurs », a expliqué M. Rousseau, dimanche, en conférence de presse à l’école Mitchell-Montcalm.

Dysphasie-Estrie et la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) ont d’ailleurs travaillé sur un projet d’inclusion semblable dans le passé, et ce pendant plusieurs mois, sans qu’il puisse voir le jour. L’organisme avait donc décidé d’ouvrir un service de garde à la fois adapté aux enfants dysphasiques, mais accessible à tous, et l’expérience avait été concluante, ajoute-t-il.

M. Rousseau, qui avait supervisé le projet, souhaite donc s’inspirer du chemin parcouru par l’organisme et des techniques pédagogiques qu’il emploie. Ce projet-pilote de classe inclusive se rapproche de l’idée de l’organisme, sans toutefois être la même chose.

« Je sais que la commission scolaire fait beaucoup d’efforts, mais dans certains cas, les parents ont l’impression qu’il faudrait en faire plus. Les fonctionnaires et la commission scolaire font ce qu’ils peuvent avec ce que leur envoie le ministère. Ultimement, c’est le ministère de l’Éducation du Québec qui doit avoir des orientations, et c’est limité au niveau de l’inclusion. Il faut innover si on veut répondre aux besoins de tous les enfants », ajoute M. Rousseau.

Le candidat péquiste veut donc implanter une nouvelle classe de niveau maternelle et première année, mélangeant tout type d’enfants, afin de leur offrir une éducation adaptée et innovante qui sera vérifiée et supervisée par des chercheurs, afin que les techniques puissent bénéficier à tous.

« Ensemble, les enfants peuvent apprendre les uns des autres. »

Inspiré par le cas de la famille Beauregard-Dionne

M. Rousseau a d’ailleurs été touché par l’histoire de Maxim Beauregard Dionne, ce commissaire d’école qui déménagera au Nouveaux-Brunswick afin d’offrir une éducation plus inclusive à sa fille, atteinte d’une légère déficience intellectuelle. Selon M. Beauregard Dionne, non seulement le projet-pilote proposé serait susceptible de faire avancer les connaissances sur les approches pédagogiques permettant une meilleure inclusion des enfants EHDAA, mais le projet pourrait également faire avancer les mentalités sur la vision du handicap. 

« L’école est l’institution qui forme tes façons de penser, donc la vision qu’on a tous du handicap vient de nos parents oui, mais beaucoup de l’école », indique-t-il.

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Selon lui, traiter les élèves EHDAA à part des autres dans les écoles crée une mauvaise image.

Selon le père de famille, qui a récemment démissionné de ses fonctions de commissaire à la CSRS, l’inclusion des enfants EHDAA pourrait jouer un rôle positif dans le contexte de manque de main-d’œuvre auquel la région fait face. Un enfant EHDAA sur quatre obtient un diplôme d’études secondaires. « Ils pourraient faire un métier que plein d’autre monde ne veut pas faire. Ils auraient un salaire comme tout le monde et vivraient comme tout le monde », explique M. Beauregard Dionne.

Il explique que la principale difficulté souvent rencontrée par les adultes atteints d’un handicap léger en recherche d’emploi n’est pas le manque de capacités, mais le fait qu’ils ne possèdent pas de diplôme.