À Sherbrooke, les cyclistes ont emprunté la rue King Ouest jusqu’au monument commémoratif du boulevard Saint-François où le président du club cycliste de Sherbrooke, volet cyclosportif, Richard Fortier, et le président d’honneur Sylvain Roy ont pris la parole.

Rouler en silence pour faire du bruit

Pas moins de 200 cyclistes ont roulé silencieusement sur la rue King Ouest, mercredi soir, précédés d’un corbillard, pour commémorer le décès des leurs qui ont été impliqués dans des accidents de la route.

À l’invitation du club cycliste de Sherbrooke, ils manifestaient ainsi simultanément avec des milliers d’autres cyclistes dans le monde, dans plus de 400 villes, sur les cinq continents.

« On veut faire prendre conscience aux gens qu’on joue tous à tour de rôle le rôle de cycliste, d’automobiliste et même de piéton. Il n’y a pas deux minutes à sauver qui valent le prix d’une vie humaine », lance le président d’honneur Sylvain Roy.

« Prenez votre temps, soyez courtois, respectez le Code de la route. On laisse passer les plus lents, tout simplement. »

Comme responsable de la patrouille à vélo du Réseau des Grandes Fourches, M. Roy n’a pas hésité à se faire porte-parole de la manifestation printanière, une 16e édition à Sherbrooke.

« Particulièrement au printemps, dit-il, après que les automobilistes ont eu la route pour eux tout l’hiver, que les bancs de neige ont fondu et que les routes sont soudainement plus larges, on dirait qu’ils n’ont pas l’habitude de voir les vélos réapparaître. »

Or comme les accotements ne sont pas encore tous nettoyés et que les lézardes de la ne sont pas colmatées, il peut arriver que les cyclistes ne circulent pas à l’extrême droite de la chaussée, signale-t-il.

16 accidents en 2018

Selon les statistiques, il y a eu 16 cyclistes impliqués dans un accident de la route à Sherbrooke en 2018, dont un blessé grave. C’est deux accidents de plus qu’en 2017 et sept de moins qu’en 2016.

Pendant ce temps, au Québec, on déplore le décès de 10 cyclistes en 2018, soit le même nombre qu’en 2017.

« La région de l’Estrie s’en sort relativement bien, on n’a pas eu beaucoup d’accidents mortels, heureusement, commente M. Roy. Par contre, je vois qu’on a beaucoup d’accrochages vélo-auto. Les blessures sont plus ou moins graves, mais il en reste encore beaucoup. Il reste de la sensibilisation à faire pour qu’il y ait un meilleur partage de la route et que les gens soient plus zen. »

Alors que la Ville de Sherbrooke met des efforts marqués depuis deux ou trois ans pour développer son réseau cyclable utilitaire en délimitant des corridors sur la chaussée, Sylvain Roy formule un rappel amical aux cyclistes qui ont aussi leurs torts, constate-t-il.

D’abord, le Code de la route s’applique également aux cyclistes. Ensuite il faut circuler à la file et non côte à côte. Aussi on laisse les écouteurs dans le sac à dos quand on pédale sur la route.

« Très souvent on voit encore des gens qui se promènent avec des écouteurs dans les oreilles pour écouter de la musique et être dans leur monde à eux, mais à ce moment-là il manque ce qui se passe autour. Ça fait partie de la prévention qu’on doit faire. »

Celui qui se déplaçait déjà à vélo il y a 20 ans pour se rendre au travail estime néanmoins que la sensibilisation fonctionne et que le message passe.

« C’est bien, mais ça pourrait être mieux. Chaque blessure, chaque accrochage, c’est un de trop. »