Le conseiller Jean-François Rouleau a annoncé avec beaucoup d'émotion sa retraite de la politique municipale en novembre.

Rouleau tire sa révérence

Le conseiller du district de l'Université, Jean-François Rouleau, a annoncé lundi matin son intention de quitter la politique municipale. Il ne sollicitera donc pas de nouveau mandat aux élections de novembre.
Avec beaucoup d'émotion, M. Rouleau a bouclé la boucle de sa carrière politique au parc Lucien-Blanchard, à l'endroit même où il avait lancé sa première campagne électorale, il y a 27 ans.
« La décision n'a pas été facile à prendre... La passion est toujours là, mais le plaisir et l'enthousiasme n'y sont plus », a expliqué le conseiller, qui admet avoir été récemment sollicité pour occuper « de plus hautes fonctions ».
Il souligne que les quatre dernières années ont été « très très difficiles » en raison du climat au conseil municipal, « axé sur la confrontation et la partisanerie mesquine ». « C'est regrettable qu'on arrive au conseil de ville et que les décisions soient prises derrière des portes closes. On a peu ou pas de débats, les gens arrivent avec des textes déjà écrits », déplore-t-il.
Cette situation, qui a largement alimenté sa réflexion sur son avenir politique, lui a fait tirer la conclusion que la Ville de Sherbrooke a besoin d'un grand changement et de sang neuf. Il ne croit toutefois pas faire partie de l'équation du changement, même si certains ont tout fait pour le convaincre du contraire.
La mairie?
Pourquoi ne pas plutôt se présenter à la mairie contre Bernard Sévigny? « Ce n'est pas le goût qui me manquait... mais je crois qu'il est temps qu'une autre génération prenne le pouvoir. » Jean-François Rouleau invite d'ailleurs les jeunes à prendre en main l'avenir de Sherbrooke en s'intéressant à la politique municipale et en appuyant les conseillers indépendants afin de ramener les débats au sein du conseil de ville.
La place laissée par Jean-François Rouleau pourrait d'ailleurs inciter des jeunes à se présenter en politique. Le vétéran de la politique se voit même jouer un rôle de mentor à l'avenir. « En me retirant, j'ouvre une porte intéressante, importante. Je sens qu'un vent de changement est nécessaire. Un candidat peut déposer sa candidature jusqu'à la dernière minute, on ne sait jamais ce qui peut arriver », rappelle-t-il.
Il est également ouvert à appuyer un candidat dans son district « si quelqu'un partage notre vision d'avoir un débat respectueux, digne et libre ».
Même si Jean-François Rouleau entend prendre du temps avec sa famille, il compte rester actif, en commençant par prendre activement part à la campagne électorale de cet automne. « Je vais dénoncer les faussetés et intervenir dans les débats. C'est mon devoir de citoyen et de conseiller. Je vais travailler jusqu'à la dernière minute pour faire battre Bernard Sévigny. C'est un homme qui n'aime pas la politique, qui n'aime pas la Ville de Sherbrooke. »
Le 1-800 du quartier universitaire
Par ailleurs, Jean-François Rouleau a rappelé plusieurs réalisations importantes de sa carrière, notamment les infrastructures du parc Lucien-Blanchard, l'obtention des Jeux du Canada et l'implantation du Complexe sportif Thibault GM.
Il a également souligné sa fierté d'avoir développé une relation privilégiée avec ses concitoyens du quartier universitaire. « Je suis le 1-800 du quartier universitaire. Je reçois plus de coups de téléphone que la police lors de la rentrée universitaire! »
Jean-François Rouleau a été élu à sept reprises depuis 1990. Durant les semaines qu'il reste avant la fin de son mandat, le conseiller a assuré qu'il continuera de défendre les intérêts des gens qui l'ont élu en 2013.