Le chef de la division de l’évaluation du service des finances de la Ville de Sherbrooke, Richard Gagné, a dévoilé mardi les variations du nouveau rôle d’évaluation foncière 2019-2021. Le rôle pourra être consulté en ligne sur le site de la Ville à compter de mercredi.

Rôle d’évaluation 2018-2021: le prix des maisons stagne

SHERBROOKE — La valeur des résidences unifamiliales à Sherbrooke augmente en moyenne de 2,2 pour cent dans le nouveau rôle d’évaluation foncière qui entrera en vigueur le 1er janvier 2019.

La valeur globale du parc immobilier de la ville est en hausse pour sa part de 2,9 pour cent, passant de 17,8 à 18,3 milliards $.

Il s’agit d’une augmentation nettement moins importante que dans les rôles précédents de 2016 et 2013, la valeur foncière de la ville ayant alors monté respectivement de 7,5 pour cent et de 14,8 pour cent.

« Cette stabilité est dictée par le marché immobilier et c’est comme ça à la grandeur de la province si on fait exception de la zone métropolitaine. Vous allez voir dans les rôles qui ont été déposés cette année, le marché immobilier a perdu beaucoup de plumes », met en perspective Richard Gagné, évaluateur et chef de la division de l’évaluation du service des finances à la Ville de Sherbrooke, qui a présenté le nouveau rôle aux médias mardi.

Le rôle d’évaluation foncière est révisé tous les trois ans pour répartir équitablement le fardeau fiscal sur les propriétaires. Il recense cette fois la valeur de 54 207 unités d’évaluation, dont 44 806 immeubles résidentiels, en date du 1er juillet 2017, en tenant compte entre autres des transactions immobilières, des rénovations effectuées sur les propriétés ou de leur détérioration.

« Comme la photographie du marché a été prise le 1er juillet 2017, l’écart de 18 mois existant entre cette date et l’entrée en vigueur du rôle peut jouer sur les prix de vente transigés actuellement », précise M. Gagné.

Taxe foncière

Ce rôle servira à la préparation des budgets de 2019, 2020 et 2021. 

« Le rôle d’évaluation vient donner l’assiette fiscale au conseil municipal pour établir comment il ira chercher ses revenus. Le conseil connaît ses besoins et c’est sa prérogative de déterminer quel taux de taxation il va mettre à quelle catégorie d’immeubles, explique M. Gagné. Mon rôle se limite à établir l’assiette fiscale pour le rôle 2019-2020-2021, après ça change de cour. »

Invité à réagir, le maire Steve Lussier n’a donné aucun indice sur ses intentions. Le budget de fonctionnement de la Ville sera déposé le 17 décembre et c’est à ce moment-là qu’on saura où loge le conseil municipal quant au taux de la taxe foncière. 

« J’aime mieux ne pas m’avancer parce qu’il y a peut-être des nouveautés qui vont arriver d’ici là, a brièvement laissé savoir le maire. Une chose est sûre, c’est qu’on va respecter la capacité de payer des contribuables. »

Quant à la croissance de 2,9 pour cent du parc immobilier, il assure qu’il s’attendait à ça. « C’était des données records dans les rôles précédents. À 2,9 pour cent, ça suit l’inflation. »

Condos en baisse

En détail, la croissance moyenne de 2,2 pour cent des résidences unifamiliales représente une hausse de la valeur moyenne de 228 828 $ à 233 757 $.

Les immeubles de 2 à 5 logements subissent une variation à la hausse de 4,3 pour cent et les 6 logements et plus de 6,9 pour cent. 

On constate par contre une baisse de 1,4 pour cent pour les condominiums, dont la valeur moyenne passe de 195 709 $ à 192 885 $. 

Étant donné le redécoupage des arrondissements pour passer de six à quatre depuis le 1er novembre 2017, la Division de l’évaluation ne compile plus les données par arrondissement comme par le passé.

M. Gagné est toutefois en mesure d’observer que l’arrondissement de Fleurimont subit une légère baisse par rapport à l’arrondissement Brompton-Rock-Forest-St-Élie-Deauville, tandis que Lennoxville rencontre la plus forte hausse sans doute explicable par l’ouverture du prolongement de l’autoroute 410.

La variation des valeurs globales dans les secteurs non résidentiels atteint par ailleurs 1,3 pour cent pour les immeubles commerciaux, 3 pour cent pour les immeubles industriels, 5,5 pour cent pour les fermes et les boisés et 13,1 pour cent pour les terrains inexploités.

À propos des terrains, enfin, les contribuables sherbrookois se souviendront qu’en 2016, c’est ce qui avait soulevé bien des protestations et des demandes de révision. Cette valeur était alors en hausse de 41,7 % et comptait pour beaucoup dans l’augmentation de la valeur des immeubles, au détriment de la valeur des bâtiments.

Or, rappelle M. Gagné, la valeur des immeubles est établie selon des critères reconnus et la valeur du bâtiment est ensuite obtenue par simple soustraction de la valeur du terrain. 

« Depuis 2007, il y a une forte croissance de la valeur des terrains. Par conséquent, dans le rôle de 2019, certaines propriétés affichent une valeur de bâtiment à la baisse », met-il en garde, en soulignant que la seule valeur qui peut être contestée est celle de l’immeuble.

Le rôle d’évaluation 2019-2021 pourra être consulté en ligne sur le site de la Ville à compter de mercredi.