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L’usine Kruger de Brompton a cessé ses activités le 3 avril dernier et a annoncé sa fermeture définitive cinq mois plus tard le 14 septembre.
L’usine Kruger de Brompton a cessé ses activités le 3 avril dernier et a annoncé sa fermeture définitive cinq mois plus tard le 14 septembre.

Rien n'empêche la relance de Kruger

Jacynthe Nadeau
Jacynthe Nadeau
La Tribune
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Neuf mois après la fermeture de l’usine Kruger à Brompton, l’espoir d’une relance est encore bien présent chez les travailleurs. Il a même été ravivé par une rencontre il y a quelques jours entre les officiers syndicaux et le ministre responsable de la région de l’Estrie dans le gouvernement Legault, François Bonnardel.

« M. Bonnardel nous a fait comprendre que les ministères sont un peu sur pause depuis le 15 décembre à cause du confinement et qu’il n’y a pas d’annonce officielle qui se fait dans aucune région, malgré qu’il y a plusieurs dossiers qui sont réglés pour des investissements, des relances, de la création ou du maintien d’emplois dans plusieurs situations au Québec », relate le vice-président du Syndicat des travailleurs et travailleuses des pâtes et papier de Bromptonville, Kevin Lepage, qui a pris part à la rencontre avec le président du Conseil central des syndicats nationaux de l’Estrie (CSN) Denis Beaudin. 

« Selon [le ministre Bonnardel], il n’y a aucun élément négatif qui empêcherait la possibilité d’une annonce pour l’usine de Brompton. »

L'usine Kruger a cessé ses activités le 3 avril dernier devant la détérioration rapide des conditions de marché, déjà défavorables, amplifiées par la COVID-19. La fermeture temporaire s’est transformée en fermeture définitive à la mi-septembre, affectant 189 travailleurs.

Or le ministre de l’Économie et de l’Innovation Pierre Fitzgibbon ne se cache pas pour dire qu’un plan de relance de plusieurs dizaines de millions de dollars est à l’étude à Québec depuis un certain temps déjà et que les discussions se poursuivent avec l’entreprise pour un partage équitable des risques.

En rencontre privée avec le syndicat à l’automne, il se serait même avancé à parler d’une annonce avant la fin de 2020, précise Kevin Lepage. 

Au moment de la fermeture, l’usine de Brompton, qui produisait jusque-là du papier journal, avait amorcé sa conversion vers le papier de grade alimentaire et d’emballage. Le syndicat ignore toutefois si c’est ce dont il s’agit pour l’avenir. 

« On a de la misère à se faire confirmer quel est le fil des discussions qu’il y a eues pour une entente avec le gouvernement pour savoir où est-ce qu’on se situe, dans quels marchés et avoir une idée des échéanciers. On nous a dit qu’on n’aurait pas de nouvelle tant que la situation de confinement ne changerait pas », dit Kevin Lepage.

Difficulté supplémentaire

Le syndicat s’est également déplacé au siège social de Kruger avant les Fêtes pour tenter d’obtenir des réponses, sans plus de succès.

« Mais on nous a assuré qu’on n’attendrait pas plus longtemps qu’on a déjà attendu [pour avoir une réponse]. Ça nous situe dans une fenêtre de temps de sept mois. »

Le moral des travailleurs licenciés reste bon, selon lui, mais l’avenir incertain de Kruger pose une difficulté supplémentaire dans leur recherche d’un nouvel emploi. 

Le syndicat s’inquiète aussi de voir partir cette main-d’œuvre spécialisée et expérimentée qui sera utile si relance il y a et qui souhaite rester dans son patelin.

Actuellement, un peu plus de 20 employés ont été rappelés au travail pour opérer la centrale de cogénération à la biomasse, une trentaine aurait fait le saut à la nouvelle usine Kruger où on produit du papier tissu et « quelques-uns » ont pris leur retraite ou démissionné.

 « Il reste un bon groupe de gens résilients qui y croient, à cette relance-là, plaide M. Lepage, mais un moment donné, il va falloir arrêter d’étirer ça dans le temps et donner l’heure juste aux gens. Ça commence à tarder. »

Joint par La Tribune, Kruger a décliné la demande d’entrevue.  

Le cabinet du ministre Bonnardel a pour sa part confirmé mardi que son collègue à l’économie est bien au fait de la situation, que le travail se poursuit et qu’il espère être en mesure de proposer une solution « très bientôt ».