Les sages-femmes de Segakiato Sonia Julian Carrion et Eunicia Gormon révisent les techniques d’accouchement avec l’agente-terrain d’Ayni Dessarrollo Katty Félicita Lagos Reyes.

Réviser des techniques essentielles

SEGAKIATO, Pérou — Assises autour d’un tapis typique de paille et vêtues de leur « cushmas » d’accouchement traditionnel, deux sages-femmes autochtones machiguengas de Segakiato révisent les techniques d’accouchement.

La visite des agentes-terrains de l’ONG péruvienne Ayni Desarollo leur permet de revoir les principes d’hygiène pour les accouchements qu’elles pratiquent une dizaine de fois par année.

Dans cette communauté située à un minimum de deux heures de « péké-péké », traverser la jungle amazonienne peut être long pour une femme sur le point d’accoucher.

Le projet de santé des mères, des nouveau-nés et des enfants financé par Affaires mondiales Canada leur a permis de recevoir du matériel essentiel pour aider la mère et son bébé lors d’un accouchement.

Savon pour se laver les mains, tasse pour l’eau chaude, gants, tablier, plastique, alcool et iode pour désinfecter, pinces pour clamper le cordon ombilical, ciseaux pour le couper, onguent pour les yeux de l’enfant et serviette propre pour le langer, Sonia Julian Carrion et Eunicia Gormon possèdent les éléments pour assurer une hygiène de base lors d’un accouchement.

Dans ces maisons de bois quasi à aire ouverte, les moustiques entrent et sortent. Les poules et dindons circulent librement sur le terrain au travers des chiens et même des singes domestiques. Les conditions peuvent donc parfois être périlleuses pour assurer un accouchement avec des conditions d’hygiène minimales.

Une quinzaine de communautés éloignées de la jungle ont reçu ces « kits » d’accouchement à domicile, même si le mot d’ordre demeure que les femmes doivent se rendre au centre de santé pour donner naissance à leur enfant.

« Il faut laver le bébé après l’accouchement pour s’assurer que la maman puisse le mettre au sein pour le colostrum », explique la sage-femme Sonia Julian Carrion.

Après s’être assurées que le placenta est complet, les sages-femmes respectent les traditions machiguengas. 

« Le placenta est ensuite enterré dans le champ pour protéger l’enfant », mentionne l’autre sage-femme Eunicia Gormon.

Ce reportage a été réalisé grâce à l’appui financier du gouvernement du Canada accordé par l’entremise d’Affaires Mondiales Canada.