La chargée de cours de la faculté des sciences et de l’activité physique Anne-Josée Beaudoin enseignait lundi après-midi dans l’une des onze classes extérieures aménagées sur le campus pour respecter les consignes de distanciation.
La chargée de cours de la faculté des sciences et de l’activité physique Anne-Josée Beaudoin enseignait lundi après-midi dans l’une des onze classes extérieures aménagées sur le campus pour respecter les consignes de distanciation.

Retrouvailles distancées sur le campus

Chloé Cotnoir
Chloé Cotnoir
La Tribune
« C’est la meilleure rentrée qu’on pouvait avoir dans les circonstances! »

Étudiante en première année au baccalauréat en enseignement, Justine apprécie grandement la décision de l’Université de Sherbrooke de miser sur le présentiel pour la session d’automne à l’inverse de la majorité des autres universités québécoises qui ont préféré offrir des cours en ligne. 

« Il manque le volet vie sociale avec les initiations et les tailgates party, mais au moins on a une rentrée presque normale en classe », commentait-elle lundi.

Assise à ses côtés, Paméla appréciait également les efforts déployés par l’UdeS pour rassembler sa communauté.

Rappelons que pour respecter les consignes de distanciation, onze classes extérieures ont été aménagées à différents endroits sur le campus. Elles peuvent accueillir entre 16 et 100 personnes. L’institution a également loué cinq locaux dispersés à Sherbrooke pour créer des classes éphémères, dont la chapelle des Petites sœurs de la Sainte-Famille. 

« La rentrée se passe bien. Il y a quand même certains changements. Par exemple, nos cours durent 1 h 30 au lieu de 3 h et ils ont parfois lieu dans un chapiteau à l’extérieur. On ne changera pas non plus de groupe dans les cours donc on ne connaîtra pas le reste de la cohorte pour l’instant, mais dans les conditions actuelles c’est déjà très bien de pouvoir être sur le campus », renchérissait-elle.

De l’avis de la vice-rectrice aux études Christine Hudon, autant les étudiants que les employés semblaient heureux d’être de retour sur le campus. « Les premiers échos que j’ai sont positifs. Pour plusieurs il s’agit de retrouvailles et on voit que ça leur a manqué. D’autres sont des nouveaux étudiants et c’est une rentrée particulière alors que souvent ils ont terminé leur cégep dans des conditions tout aussi particulières. On voulait leur donner la chance de se retrouver et de tisser des liens », expliquait-elle. 

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Pour certains professeurs, les chamboulements créés par la COVID-19 étaient l’occasion de réinventer leur façon d’enseigner. 

C’est le cas d’Anne-Josée Beaudoin qui enseignait lundi après-midi sous un soleil brillant. Devant elle, une soixantaine d’étudiants assistaient à son cours d’anatomie assis sur des roches alignées comme dans un auditorium. Question confort, certains avaient même apporté leur chaise pliante. 

La voix de la chargée de cours de la faculté des sciences et de l’activité physique était amplifiée par un haut-parleur, mais les bruits émanant des différents chantiers en cours sur le campus arrivaient parfois à l’enterrer. 

« J’ai dit à la blague à mes étudiants que j’avais intérêt à être intéressante pour avoir leur attention dans ce beau décor et avec toute l’action autour », rigolait-elle.

Loin d’être découragée par les difficultés liées à la COVID-19, celle qui entamait lundi sa 28e année d’enseignement a plutôt décidé de miser sur ses connaissances dans les outils technologiques pour adapter le contenu de son cours. Et chaque fois que la température le permettra pour les deux prochains mois — les classes extérieures seront disponibles pour les mois de septembre et octobre —, elle compte donner rendez-vous sous le soleil à ses étudiants.

« Je considère que je ne fais pas que transmettre de la matière. Je fais vivre une expérience étudiante à mon groupe ce qui implique d’avoir un contact avec eux, un lien », soutient Mme Beaudoin.

Advenant une deuxième vague et une fermeture du campus, la chargée de cours estime que les quelques semaines passées en compagnie de ses étudiants lui permettront d’avoir une meilleure relation numérique avec ceux-ci.

« Ma session du printemps s’est bien terminée malgré tout puisque j’avais un bon lien avec mes étudiants. Dès le confinement je leur écrivais pour leur donner de la matière, mais également pour savoir comment ils allaient et j’ai eu une très bonne réponse. Il y en a même un qui m’a écrit pour me dire : ‘‘tu ne nous a pas laissés tomber, nous ne te laisserons pas tomber’’. Ça m’a vraiment touchée et c’est dans cet esprit que j’entame cette session », témoigne-t-elle.