La section locale 4475 du SCFP estime que la direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS met trop de pression sur ses salariés en arrêt de travail.

Retour au travail au CIUSSS : «Un acharnement qui frôle le harcèlement»

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS mise sur le retour des salariés en arrêt de travail pour combler en partie son déficit de personnel. C’est ce que déclarait Josée Paquette, directrice des ressources humaines, des communications et des affaires juridiques dans une entrevue accordée à La Tribune le 25 juillet dernier. « Or ce "suivi serré" qu’elle déclare faire auprès de ces employés ne consiste pas à "prendre de leurs nouvelles", mais à les contacter à répétition afin de faire pression en faveur d’un retour. Certains témoignent que cet acharnement frôle le harcèlement », déplore Emma Corriveau, présidente de la section locale 4475 du SCFP, le syndicat qui représente près de 5000 membres du personnel paratechnique, des services auxiliaires et de métiers au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Dans le passé, notre syndicat a déjà mentionné à l’employeur que les gens ne souhaitent pas être contactés pendant leur arrêt de travail. Quand les gens sont malades, et surtout quand la maladie est causée par le travail, les gens n’ont vraiment pas envie d’être achalés », mentionne Emma Corriveau.

Aux yeux du SCFP, cette politique de « tout faire pour favoriser le retour au travail » va trop loin.

« Une des pratiques qu’on voit de plus en plus souvent, et dans de plus en plus de circonstances, consiste à ne pas reconnaître les documents médicaux justificatifs. Les employés malades doivent donc naviguer dans le labyrinthe des demandes administratives », soutient Mme Corriveau.

« Des mesures administratives sont également déployées de façon abusive pour des employés en retour progressif lorsqu’ils s’avèrent incapables de travailler tous les quarts de travail prévus à leur horaire », énumère-t-elle.

Le syndicat souhaite une plus grande humanisation derrière ces arrêts de travail parce que « derrière chacun de ces arrêts, il y a une personne souffrante dont la vie est chamboulée », déplore Mme Corriveau.

La direction du CIUSSS de l’Estrie-CHUS comptait cet été sur l’arrivée massive d’aides de service pour venir en aide aux préposés aux bénéficiaires (PAB) qui sont trop peu nombreux au CIUSSS pour combler tous les postes disponibles.

« Nous, on les appelle affectueusement les "aides de service plus" parce qu’ils doivent faire des tâches qui ne devraient pas leur être attribuées selon la nomenclature de leur emploi, comme l’aide à l’alimentation, les bains et la mobilisation. Ce sont des tâches réservées aux PAB, mais on demande aux aides de service de les faire sous la supervision d’un PAB. Les aides de service ne sont pas suffisamment formés pour faire ce genre de tâches », dit Emma Corriveau.

Résultat, les accidents de travail sont en hausse ces derniers mois, notamment chez les PAB.

« Ça ne nous surprend pas. Quand un PAB doit faire une mobilisation qui se ferait normalement à deux personnes mais qu’il doit la faire seul ou avec un aide de service qui n’est pas formé, les risques de blessures sont plus élevés c’est certain », ajoute-t-elle.

« En plus, avec la surcharge de travail et la pénurie de personnel, c’est certain que les gens sont plus à risque de se blesser au travail dans ces conditions », résume-t-elle.

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