Il y a seulement une douzaine de jets Aero L-29 Delfin au Canada. Sur la photo, le pilote Mike « Primer » Kirk, le retraité et participant au vol Renaud Mathieu et l'instructeur Mike « Skidmk » Bourget.

Retour au temps de la guerre froide à l'aéroport de Sherbrooke

La guerre froide était à l'honneur samedi sur la piste de l'aéroport de Sherbrooke. Les amateurs d'aviation ont pu se faire plaisir avec un jet Aero L-29 Delfin construit en 1972 et utilisé notamment durant la guerre du Kippour en 1973. Certains ont même eu la chance, au coût de 1000 $, de voler pendant 30 minutes.
« Nous sommes venus pour les Faucheurs de marguerite au mois de juin et nous avons eu beaucoup de plaisir, explique Mike « Skidmk » Bourget qui offre des tours à bord de son avion. Nous avons montré le cockpit de l'avion à plus de 2000 personnes durant la fin de semaine et plusieurs ont démontré de l'intérêt pour voler. Nous avons donc décidé de revenir. »
L'Aero L-29 Delfin est un monoplan biplace en tandem d'entraînement élémentaire et avancé tchécoslovaque. Il a été l'avion standard d'école des forces du Pacte de Varsovie durant la seconde moitié du XXe siècle. Il a déjà fait partie des forces armées bulgares. Il y en a une douzaine au Canada.
« Nous avons vendu une cinquantaine de vols depuis le mois de mai, souligne M. Bourget. Nous ne cherchons pas à faire des profits. L'avion consomme 10 litres de carburant à la minute. Donc c'est 450 $ pour 30 minutes de vol. Si on rajoute les assurances et l'usure de l'avion, nous ne faisons pas d'argent en demandant 1000 $ pour un essai. »
« On fait un peu de voltige et on laisse les gens prendre le contrôle de l'avion aussi (NDLR : l'avion est à double commande) On veut vraiment que les gens puissent connaître la sensation de contrôler l'avion. Les gens reviennent toujours au sol avec un grand sourire ».
Contrôleur aérien de profession, Mike Bourget parcourt le Québec et le Canada avec son avion lors de ses temps libres.
« Ma femme me laisse partir la fin de semaine pour jouer avec mon avion », lance-t-il avec le sourire
Des curieux s'étaient déplacés à l'aéroport de Sherbrooke pour admirer l'engin.
« J'ai toujours aimé les avions, surtout ceux qu'on ne voit pas tous les jours, mentionne Pierre. C'est certain que j'aimerais faire un tour, mais pas à ce prix-là. »
Renaud Mathieu a décidé, lui, que l'occasion était trop belle et il a déboursé 2000 $ pour une heure de vol.
« Je suis un passionné d'aviation depuis ma tendre jeunesse. Et ce que je voulais plus que tout c'était de piloter un engin du genre. J'ai saisi cette chance parce que l'occasion de piloter un jet de la sorte n'arrive pas souvent. »
Démocratiser l'aéroport
La présence d'un avion comme l'Aero L-29 Delfin est très positive pour l'aéroport de Sherbrooke selon Jean-François Ouellet, directeur général. Il confirme toutefois que les installations de l'aéroport reçoivent plusieurs jets, surtout d'affaires, par semaine.
« Ce qu'on essaie surtout de faire, c'est de démocratiser l'aéroport, explique-t-il. Il y a beaucoup de gens qui doutent de la capacité de l'aéroport à recevoir de gros avions. Nous sommes capables d'accueillir des 737 sans problèmes. Nous sommes bien organisés pour recevoir des vols commerciaux. Il peut facilement transiter de 50 à 60 avions par jour ici. »
M. Ouellet espère un jour voir son aéroport recevoir des vols commerciaux plusieurs fois par semaine.
« On est la seule agglomération de plus de 200 000 habitants au Canada qui n'est pas desservi par une ligne commerciale. Une compagnie bien établie comme Air Canada a pris cinq ans pour développer son vol vers l'Asie, ça donne une idée de l'ampleur de la tâche qui attend l'aéroport de Sherbrooke. »