Le propriétaire de la Résidence Murray, Pierre Chapdelaine, demande à ses résidants de ne pas sortir de l’établissement.
Le propriétaire de la Résidence Murray, Pierre Chapdelaine, demande à ses résidants de ne pas sortir de l’établissement.

Résidences pour aînés : s’adapter pour se protéger

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Les résidences pour personnes âgées ont un grand défi : protéger une population vulnérable de la COVID-19. Le taux de mortalité chez les gens âgés de 70 à 79 ans atteint les 8 % et frôle les 15 % pour les gens de plus de 80 ans. Les visites sont donc interdites dans ces milieux de vie.

C’est le cas pour la Résidence Murray. « Il ne faut pas brimer les gens, mais il faut en prendre soin très sérieusement, car la COVID-19 attaque directement nos gens, indique le propriétaire Pierre Chapdelaine. Il faut prendre nos responsabilités et mettre notre pied à terre. »

Plusieurs mesures étaient déjà en place samedi. « On a appelé toutes les familles pour leur dire de ne pas venir en visite. On a rencontré les gens autonomes et en perte d’autonomie pour leur expliquer ce qui se passait. On a affiché des pancartes pour expliquer ce qu’est le coronavirus », énumère le propriétaire de l’établissement qui compte 120 résidents.

L’établissement demande à ses résidents de ne pas sortir. « Il y en a qui ont la tête plus dure et qui sortent quand même. On l’a remarqué ce matin [dimanche]. Je vais les avertir qu’ils jouent avec la vie de leurs voisins lorsqu’ils font ça. Il y a toujours des gens qui disent que ce n’est pas grave. Il y en a qui demandaient d’aller prendre leur marche, d’autres qui sortaient avec leur véhicule. Il y en a qui disent “ je vais mourir quand même ”. Ce sont des comportements égocentriques. Là, il faut tenir compte de la communauté », exprime M. Chapdelaine.

« On ne peut pas empêcher les gens de sortir, précise-t-il. Ç’a été fait dans d’autres pays, l’armée est là et si tu sors, tu as d’affaire à reprendre ta place. Il ne faut pas se rendre là. Je ne veux pas de ce virus dans notre établissement. »

Les résidants qui contreviendront à ce règlement devront passer 48 h dans leur chambre.

Les loisirs réguliers auront lieu. Certains pourraient même être ajoutés. Selon lui, ses résidents ne sont pas anxieux. « Les gens jouent aux cartes et ont du plaisir. C’est ce qu’on veut », assure le propriétaire.

Belle-Vue

Aux Terrasses Belle-Vue, qui comptent 104 unités, la situation est la même. Une préposée est constamment devant la porte d’entrée pour gérer les livraisons de médicaments et les effets personnels que viennent porter les familles. La coiffeuse, la couturière, le kinésiologue et le curé, entre autres, annuleront quelques rencontres, ce qui crée un certain état de panique. « Je leur explique que tout ça, c’est pour les protéger », dit la directrice générale de l’établissement, Lyne Beauchemin, demandant à la famille des résidents de ne pas déjouer la sécurité en entrant par les portes adjacentes. Les activités comme le bingo et les quilles virtuelles auront quand même lieu.

« On leur dit que ce sont les personnes les plus à risque de la population, explique-t-elle. On leur demande d’aller marcher dans les corridors. On leur conseille d’aller sur la grande galerie publique pour aller prendre l’air. »