La bascule de l’Estrie en zone rouge oblige certains étudiants à réévaluer les options qui s’offrent à eux pour la prochaine session.
La bascule de l’Estrie en zone rouge oblige certains étudiants à réévaluer les options qui s’offrent à eux pour la prochaine session.

Résidences et logements : une logistique angoissante pour certains étudiants

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
C’est reconnu, l’Université de Sherbrooke (UdeS) accueille chaque année un pourcentage important d’étudiants provenant d’un peu partout au Québec. Bien que cela engendre habituellement des impacts positifs, tant d’un point de vue économique que social, la bascule de l’Estrie en zone rouge oblige certains étudiants à réévaluer les options qui s’offrent à eux pour la prochaine session.

« Difficile de prévoir alors que nous n’avons aucune idée de ce à quoi ressemblera la situation en janvier », confie Camille Pilote, étudiante en communication à l’UdeS, qui se trouve présentement en stage dans la région de la Montérégie.

L’étudiante de troisième année devait partir en Espagne à l’automne pour ses études. Elle n’a donc pas renouvelé son bail le moment venu. Désormais, elle hésite à quitter la demeure de ses parents près de son lieu de stage. 

« Mes inquiétudes sont surtout d’un point de vue monétaire. Si les cours sont donnés en présentiel, mais que la situation n’est pas stable, je ne gagne pas grand-chose à venir m’isoler dans un appartement de Sherbrooke. »

Même son de cloche pour Lori Perrault, étudiante à la Faculté d’éducation. « C’est très confus en ce moment. Je ne sais pas du tout ce que je vais faire. Si les cours sont donnés à distance, je vais devoir sous-louer mon appartement pour l’hiver. L’idéal ce serait de le savoir rapidement, mais c’est impossible de prédire l’avenir », convient-elle. 

Selon la Fédération étudiante de l’UdeS (FEUS), cette situation touche un bon nombre d’étudiants. « Huit étudiants sur dix arrivent de l’extérieur. Nous avons proposé au rectorat une date butoir qui permettrait aux étudiants de planifier et d’organiser à l’avance leur session d’hiver, mais l’idée a été rejetée. L’UdeS demande à la communauté étudiante de rester aux aguets », explique Yaomie Dupuis, vice-présidente à la condition étudiante.

En lien avec cette situation, l’institution a rappelé en début de semaine que «forte de l’expérience réussie vécue cet automne, alors que 60% des activités d’enseignement ont pu se tenir en présentiel, l’annonce du passage en zone rouge ne change pas la résolution de l’Université de Sherbrooke de maintenir la même approche pour le trimestre d’hiver 2021, dans le respect de toutes les consignes qui s’appliqueront pour chacun de ses campus ».

La FEUS croit que le retour des Fêtes aura des conséquences sur la situation pandémique en Estrie. « Les étudiants retourneront chez eux pendant plusieurs semaines. Il serait temps de regarder la réalité en face. La zone rouge est instaurée pour une raison », ajoute Yaomie Dupuis.

Pour sa part, Camille Pilote souhaite que l’Université de Sherbrooke prenne position rapidement et offre diverses options. « J’aimerais qu’on me propose de suivre mes cours à distance. Ça me permettrait d’économiser et surtout ça m’enlèverait un stress énorme de sur les épaules », précise celle qui est tout de même sur le point de louer une chambre.

Rappelons qu’un bon pourcentage de cours ont été planifié par les enseignants et les chargés de cours de façon à ce qu’il soit possible de poursuivre la session à distance. Cette méthode d’enseignement est d’ailleurs en application depuis le 12 novembre.