Jean-Luc Beauchemin

Résidence de tourisme : Saint-Denis recule d'un pas

SHERBROOKE — Devant l’opposition qui se manifeste, la Municipalité de Saint-Denis-de-Brompton recule d’un pas sur son projet de règlement pour encadrer la location de type Airbnb sur son territoire.

Le conseil municipal préparera vraisemblablement une troisième mouture de son règlement plutôt que d’engager une coûteuse démarche d’approbation référendaire sur la deuxième version, que le maire Jean-Luc Beauchemin estime maintenant battue d’avance.

« Je pensais que ce qu’on avait préparé était socialement acceptable, mais il semble que non. Chacun a ses raisons d’être contre. C’est un dossier très complexe », a-t-il commenté mercredi après-midi alors que prenait fin la période légale pour réclamer la tenue d’un registre sur ce projet de règlement déposé le 3 décembre dernier.

Il revient maintenant au conseil municipal de prendre acte du verdict des citoyens et de décider de la suite des choses. Pour le maire Beauchemin, toutefois, devant le nombre de demandes recueillies entre le 3 décembre et le 12 décembre, il est inutile d’aller de l’avant avec la proposition de règlement actuellement sur la table.

Ce règlement, rappelons-le, autoriserait la location à court terme uniquement pour les résidences unifamiliales dont le propriétaire demeure sur le territoire.

La Municipalité reconnaitrait toutefois un droit acquis aux résidences de tourisme déjà accréditées ou en voie de l’être par la Corporation de l’industrie touristique du Québec au moment de l’adoption du projet de règlement.

« Les gens veulent qu’on interdise complètement la location dans certains secteurs, constate M. Beauchemin. Mais d’interdire partout comme l’a fait la municipalité de Racine, ça ne met pas à l’abri de la ‘‘cousine à qui je prête ma maison pour la fin de semaine’’. »

Aux yeux du conseil municipal, il faut encadrer la location à court terme pour assurer la quiétude des citoyens et protéger l’environnement et le tissu social de la communauté, mais on ne peut pas l’interdire complètement à l’ère de l’économie de partage. Certains citoyens trouvent dans la location à court terme « une façon d’arrondir leurs fins de mois, de conserver leur chalet familial et de rencontrer des individus provenant des quatre coins du monde », exprime le conseil municipal dans une lettre acheminée aux citoyens.

Cette dualité avait été clairement exprimée lors d’une assemblée publique de consultation sur la première version d’un règlement encadrant les résidences de tourisme à laquelle près de 200 personnes avaient assisté, le 18 octobre dernier.

« On prend le dossier très au sérieux, assure le maire Beauchemin, mais s’il y a 50 pour cent des citoyens qui tolèrent la location à court terme, en pensant peut-être qu’ils pourraient en avoir besoin un jour, et que 50 pour cent de la population ne la tolèrent pas du tout, on a un problème. »