Réserve naturelle au Mont-Bellevue : la division s’intensifie

SHERBROOKE — La salle du conseil a fait salle comble jeudi pour la séance d’information portant sur le projet de création d’une réserve naturelle au parc du Mont-Bellevue. Si les cyclistes ont jusqu’à maintenant fait entendre haut et fort leur opposition au projet, les autres utilisateurs de la montagne ont profité de la rencontre pour saluer l’initiative et l’interdiction de vélo de montagne dans le mont J.S.-Bourque.

La participation citoyenne était telle qu’un grand nombre a dû se contenter d’assister à la rencontre depuis le hall d’entrée de la salle du conseil, grâce à la projection de la séance sur un écran.

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À l’image de ce dossier polarisé, les citoyens ont défilé tour à tour au micro pendant plus d’une heure trente en présentant des avis divergeant sur la question de l’interdiction du vélo dans la future zone protégée; un citoyen en faveur du projet cédait presque toujours la place à un citoyen en défaveur et vice et versa.

Un Sherbrookois ayant pris part à plusieurs comités liés à la gestion de la montagne au fil des ans s’est dit satisfait de l’initiative de la Ville et de l’Université. Il est même allé jusqu’à la qualifier « d’incontournable ».

« Toutes les autres méthodes utilisées pour essayer d’empêcher la circulation hors sentier n’ont pas réussi. Nous n’avions jamais le rapport de force nécessaire pour empêcher les gens de circuler hors sentier et ainsi préserver l’écosystème de la montagne », a partagé à l’audience M. Kenville.

Geneviève Laroche a pour sa part fait valoir que les cyclistes avaient déjà accès à 12 kilomètres de sentier sur 30.

« Je trouve qu’ils sont déjà bien servis. [...] Les cyclistes vous êtes bien organisés pour défendre votre point. Mais moi, les 40 marcheurs que j’ai croisés ce matin, je ne les ai pas entendus à propos du projet. Je trouve que les marcheurs ont été peu entendus dans tout ce processus », a-t-elle déclaré.

Pierre Pagé a soutenu avoir fait son deuil du mont Bellevue depuis quatre ans.

« J’y allais trois fois par semaine jusqu’à ce que j’aperçoive des vélos qui descendent à 30 ou 40 km/h. Je ne me sentais pas en sécurité. Quand j’ai vu le projet, je me suis dit `` enfin! `` », a-t-il affirmé.

Un autre citoyen a souligné l’impact de la pratique du vélo dans le mont Bellevue.

« On nous dit que le vélo n’est pas plus dommageable que la randonnée, mais moi je n’ai jamais vu de randonneur se promener avec une hache et une pelle dans le dos pour faire un sentier », a-t-il exprimé.

Plusieurs autres Sherbrookois en faveur de la réserve ont souligné l’importance de protéger l’écosystème du parc urbain.  

Les cyclistes veulent leur place

Du côté des opposants au projet, on prônait généralement l’encadrement du développement des sentiers. Plusieurs citoyens ont également déploré que le projet divise les utilisateurs de la montagne au lieu de les unifier.

« La meilleure façon de préserver le milieu est de compter sur tous ses acteurs », a fait valoir Luc Dugal.

Un autre intervenant a mis en doute la volonté de la Ville de contrôler l’accès à la nouvelle zone protégée.

« Ça fait 20 ans que le vélo de montagne est interdit et ça fait 20 ans que les gens en font quand même. »

Noémie Charron a pour sa part suggéré l’instauration d’un horaire permettant de favoriser une meilleure cohabitation entre les différents usagers.

L’ensemble des intervenants opposés au projet dans sa forme actuelle a dit tendre la main dans l’espoir de trouver un compromis.

Rappelons que l’UdeS et la Ville désirent créer une réserve naturelle au parc du Mont-Bellevue. Le projet prévoit entre autres l’interdiction complète des vélos dans le secteur du mont J.S.-Bourque. Une demande en ce sens sera acheminée au gouvernement en décembre 2018. Les commentaires recueillis hier pourraient amener certaines modifications au projet, affirme la Ville.