Cindy Riendeau ne regrette aucunement son changement de carrière. D’organisatrice d’événements à préposée aux bénéficiaires, elle a réellement trouvé sa voie.
Cindy Riendeau ne regrette aucunement son changement de carrière. D’organisatrice d’événements à préposée aux bénéficiaires, elle a réellement trouvé sa voie.

Replonger dans un vieux rêve

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
Cindy Riendeau rêvait de retourner aux études pour devenir infirmière auxiliaire ou préposée aux bénéficiaires. Il y a quelques années, elle avait même fait les calculs pour savoir si elle était en mesure de retourner aux études. Mais comme mère monoparentale, les bourses offertes durant la formation ne lui permettaient pas de payer les factures.

Puis un jour, arrive une offre incroyable : plongée en pleine crise dans ses centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD),

le gouvernement de François Legault offre de payer la formation à 10 000 personnes souhaitant devenir préposés aux bénéficiaires (PAB).

Cindy Riendeau a sauté sur l’occasion sans attendre plus d’une minute.

« C’était une belle opportunité, je ne pouvais pas passer à côté de ça! » lance-t-elle avec enthousiasme.

Cette opportunité lui permettait non seulement de réaliser un rêve, mais elle lui permettait aussi de retourner au travail.

« Je suis propriétaire d’une compagnie de décoration et de création d’événements. Bien sûr, dans le contexte COVID, toutes mes activités se sont arrêtées brusquement. J’ai commencé à avoir la Prestation canadienne d’urgence (PCU), mais ce n’est pas payant cette affaire-là, et j’aimais bien mieux aller travailler de toute façon! » souligne-t-elle.

Au départ, les élèves PAB ont passé un mois sur les bancs d’école, à l’abri derrière des masques et des visières, à étudier de la théorie sur le rôle et les tâches de PAB. Ensuite, la formation a pris un virage : un stage d’intégration de deux mois (à trois jours par semaine) combiné à de la formation virtuelle deux jours par semaine.

« Nous étions 26 dans ma cohorte et c’était vraiment magique dans ce groupe. C’est spécial d’aller à l’école dans ce contexte, avec masques et visières, avec la chaleur, avec certaines consignes du gouvernement qui changeaient à la dernière minute, mais ç’a quand même été très agréable. Les enseignants au Centre de formation professionnelle 24-Juin avaient renoncé à leurs vacances d’été pour nous enseigner. Ils sont passionnés, et ça paraissait. Ils faisaient même le choix de faire des heures supplémentaires pour trouver des plans B pour pouvoir nous enseigner malgré le contexte différent », indique Cindy Riendeau.

Cette dernière a fait son stage au CHSLD Saint-Joseph, à Sherbrooke. « J’ai été jumelée à un PAB-expert qui était content de m’aider, de me donner ses trucs. Tous les PAB-experts étaient contents qu’on soit là, ils avaient hâte qu’on soit sur le terrain pour venir les aider », ajoute Mme Riendeau.

Être sur le terrain, c’est justement là où se trouve Cindy Riendeau depuis la nuit du 15 septembre quand, aussitôt son examen corrigé et son diplôme en poche, elle a été embauchée par le CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

« Ces temps-ci, nous sommes en surplus au CHSLD. Ça fait une grande différence. On peut prendre plus de temps avec les résidents. On peut les coiffer le matin, les peigner, prendre le temps de jouer à un jeu… Je remarque que c’est plus calme sur l’étage par rapport à quand j’ai commencé mon stage. Quand nous sommes plus de personnel, c’est certain que ça joue sur l’ambiance pour les résidents. Il y a un impact pour eux quand on arrive calmement dans leur chambre le matin que quand on arrive en courant et qu’on est pressés », soutient-elle.

Bientôt, la nouvelle PAB devra commencer à travailler de nuit ainsi que les fins de semaine à l’occasion. Avec des enfants à la maison, cela amène son lot d’ajustements. Mais ce n’est pas grave, indique-t-elle, pour arriver à faire ce qui nous plaît. Son changement de carrière, Cindy Riendeau ne le regrette aucunement. Que non. 

« Moi je suis dans mon élément. J’aime travailler au CHSLD. C’est vraiment valorisant. Je suis dans le ‘‘beat’’ d’agir avec les résidents comme s’ils étaient ma grand-mère, et ça fait toute la différence pour eux », souligne-t-elle avec fierté.