Jean-Sébastien MacAulay-Bruneau, copropriétaire de la brasserie La Seigneurie, et son équipe sont impatients de retrouver leurs clients dès lundi midi.
Jean-Sébastien MacAulay-Bruneau, copropriétaire de la brasserie La Seigneurie, et son équipe sont impatients de retrouver leurs clients dès lundi midi.

Réouverture: les restaurateurs impatients de revoir les clients

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Sherbrooke — Les restaurateurs sont heureux de la réouverture annoncée pour le 15 juin et impatients de revoir leur clientèle. Craignant de se voir imposer un nombre maximum de clients, ils sont satisfaits des normes mises en place par le gouvernement qui s’en tiennent à une distanciation de deux mètres et des mesures d’hygiène renforcées.

« C’est une bonne nouvelle. Enfin! C’est certain que nous serons prêts lundi midi pour accueillir nos clients fidèles. Pour être honnête, on a déjà commencé à prendre des réservations puisque la rumeur voulait qu’on rouvre la semaine prochaine », note Jean-Sébastien MacAulay-Bruneau, copropriétaire de la brasserie La Seigneurie, qui compte 470 places assises avec la terrasse.

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« On va prendre le temps de lire le guide de la CNESST et on s’y conformera. Je suis content qu’on puisse servir à nos comptoirs en respectant le 2 mètres de distance. J’ai encore des interrogations pour ce qui est des groupes et de la logistique nécessaire pour les accueillir. Si j’ai une famille de cinq, ça va. Mais si j’ai cinq couples, je ne peux pas les installer sur une table de 25 mètres », souligne M. MacAulay-Bruneau. 

Certains des 60 employés en poste à La Seigneurie au moment de la fermeture ont trouvé un nouvel emploi, mais le personnel disponible est suffisant pour rouvrir. « On se mettra en mode embauche pour l’été », révèle le copropriétaire. 

Trois des six succursales du Caffucino ouvriront le 15 juin, soit celle près de la rue Jacques-Cartier, celle de Rock Forest et celle de Magog. « On va y aller progressivement. La succursale du palais de justice ouvrira le 21 juin. Et pour les autres, qui sont situés dans un aréna fermé et un édifice à bureaux, on attendra de voir ce qui se passe », note le propriétaire Michel Lussier, ajoutant que toute son équipe est motivée et prête.

Comme ses pairs, le propriétaire du Bistro DT avait peur des restrictions qui seraient imposées aux restaurateurs et il est, somme toute, agréablement surpris. Il pense quand même prendre quelques jours de plus pour planifier sa réouverture. 

« Je vais rouvrir à la fin de la semaine prochaine pour être certain de bien gérer les employés et l’inventaire. J’espère que les clients seront là et qu’ils seront dans un bon était d’esprit », explique Dominic Tremblay, précisant qu’il craint la paranoïa potentielle de certains.

« Si un client tousse à la table d’à côté, parce que les gens n’arrêteront pas de tousser, un autre client pourrait avoir peur, quitter en vitesse et aller écrire sur les réseaux sociaux qu’on a des clients malades. Ce ne serait pas drôle », imagine M. Tremblay.

La gestion des groupes le préoccupe également. « Ce n’est pas moi qui vais jouer à la police en vérifiant sur les permis de conduire l’adresse des gens qui viennent manger en groupe de 10 personnes et moins », précise-t-il. 

Lors du service aux tables ou au bar, si les tâches nécessitent d’être à moins de 2 mètres d’une autre personne, sans barrière physique, le personnel de service devra porter un masque de procédure et une protection oculaire. Même chose pour le personnel en cuisine.

« À court terme, je crois que ça se fait. Mais pas à moyen et long terme. Il faut que l’expérience soit agréable pour tout le monde », note M. Tremblay.

Les semaines d’arrêt ont causé des pertes importantes et irrécupérables pour les restaurateurs. « Le gouvernement nous demandait de nous réinventer. C’est facile à dire. On a fait des commandes pour emporter, mais on n’a pas atteint 10 pour cent de nos ventes habituelles. C’était vraiment le temps qu’on reparte », raconte M. MacAulay-Bruneau.

« Si le gouvernement nous avait imposé d’être à un maximum de 50 pour cent de notre capacité, ça n’aurait pas été rentable » note M. MacAulay-Bureau faisant remarquer qu’un sondage fait récemment par l’Association Restauration Québec, qui représente environ 5700 restaurants, démontrait que plus de 60 % des gestionnaires de restaurant jugeaient que leur établissement ne pourrait pas survivre financièrement au-delà de 6 mois avec une capacité de 50 %.

M. MacAulay-Bruneau a une pensée pour ses amis tenanciers de bar qui ne pourront rouvrir le 15 juin.

« On est un petit milieu à Sherbrooke. On se connait et on se tient. Ils sont clients chez nous et nous, on est clients chez eux. Je leur souhaite le meilleur », mentionne M. MacAulay-Bruneau.