Pour accepter les articles des donateurs, Estrie Aide a inventé un déchargement au volant.
Pour accepter les articles des donateurs, Estrie Aide a inventé un déchargement au volant.

Réouverture intense pour Estrie Aide

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
La réouverture du centre de dons d’Estrie Aide a tellement été populaire que l’organisation a dû fermer ses portes 2 h 30 d’avance, faute de place pour entreposer les articles. Quelque 250 voitures sont passées en quatre heures, ce nombre de donateurs passe normalement en une journée complète.

« Ça nous prend de l’espace pour travailler et on n’avait plus de place pour mettre la marchandise, explique le DG d’Estrie Aide, Marc Gingras. On ne pouvait plus rien traiter, donc tout ce qu’on faisait, c’était d’accumuler. Pour être sûr qu’on gère comme il le faut et qu’on ne mette pas la santé et la sécurité de personne en jeu, je pense qu’on a pris la meilleure décision. »

« En plus, les gens n’avaient pas qu’un seul sac. Quand les gens ouvraient leur coffre, c’était chargé. On ne se plaindra pas sur la quantité, c’est extraordinaire », enchaîne-t-il, ajoutant que les employés découvriront la qualité des articles reçus lorsqu’ils ouvriront les boîtes.

La réouverture d’Estrie Aide a donc fait le bonheur de bien des confinés qui étaient pris avec leurs articles en surplus. Certains Sherbrookois ont attendu deux heures pour remettre leurs objets aux employés du centre de dons, qui sont retournés au travail lundi matin. 

« Ayoye! commente d’entrée de jeu le directeur général d’Estrie Aide, Marc Gingras. On a beaucoup, beaucoup, beaucoup d’achalandage. »

Un peu plus tard dans la journée, le temps d’attente était d’une dizaine de minutes.

Pour accepter les articles des donateurs, Estrie Aide a inventé un déchargement au volant. « Je ne voulais faire entrer aucun donateur dans les locaux. On a fait un petit parcours. Les voitures sont une en arrière de l’autre. Il y avait des autos depuis 6 h 30 et on ouvrait à 8 h 30 », explique M. Gingras, qui s’attendait à un certain achalandage. 

« Les gens, avec le confinement, on fait du ménage. Ils ont épuré leur cabanon et leur maison. C’est une très bonne réponse, mais on va avoir un autre problème : il faut traiter ces donations », pense le directeur général, assurant que l’entrepôt est assez grand pour répondre à la demande.

Lundi matin, les employés récoltant les biens donnés semblaient bien protégés. « Les visières sont pour ceux et celles qui ne sont pas en mesure de respecter les deux mètres. Dans le bâtiment, on est capable de le faire. Mais pour ceux qui dirigent les automobilistes ou qui vont chercher les boîtes, on ne prend pas de chance », dit-il, ajoutant que les employés éternuent dans leur coude, gardent leurs distances et se lavent les mains fréquemment, mais ne désinfectent pas les objets reçus. 

Magasin

Le magasin d’Estrie Aide rouvrira mardi matin. « Pendant qu’on a été arrêtés, j’ai gardé quatre employés. Durant les six semaines, on a installé les plexiglas aux caisses et au service à la clientèle. On a créé une entrée et une sortie distincte. On a réaménagé le magasin en mettant les prix le plus visibles possible pour que les gens touchent le moins possible. On a installé des lignes pour respecter les deux mètres », assure Marc Gingras.

Au début, seules dix personnes seront admises dans le magasin. Le chiffre pourrait augmenter à 30 si tout se passe bien.

Le DG croit que l’affluence sera importante chez Estrie Aide. « Ce matin, on a reviré une trentaine de personnes qui pensaient que le magasin était ouvert », indique-t-il. 

Le magasin sera ouvert du lundi au samedi de 9 h 30 à 17 h. 

Si les gens veulent aider Estrie Aide, ils peuvent aplatir la courbe de l’affluence au centre de dons. « S’ils pouvaient étirer le moment où ils viennent porter leur don, ça serait parfait », avoue le DG.