Le baseball est ce qui motive le jeune Camilo Baldivia, 15 ans, à poursuivre ses études malgré les difficultés qu’il rencontre à l’école. Alors qu’un échec en arts plastiques l’empêchera de joindre le programme sport-études du Triolet à nouveau l’an prochain, ses parents Alexis Baldivia et Sylvie Lavallière craignent qu’il soit tenté de décrocher.

Renvoyé du programme sport-études pour un échec en arts plastiques

À la fin de sa sixième année à l’école du Sacré-Cœur, Camilo Baldivia a reçu la bourse de l’élève qui avait fourni le plus d’effort lors de son parcours au primaire. Lors des Jeux du Québec qui viennent à peine de se terminer, le joueur de baseball de 15 ans a reçu la médaille du meilleur esprit sportif, et ce, parmi les quelque 300 joueurs de baseball qui participaient à l’événement. Pour son entourage, il est un leader positif, un modèle de persévérance.

Pour Camilo, le baseball n’est pas uniquement un sport, mais aussi sa principale motivation pour se rendre à l’école. Atteint de dyslexie et de dysorthographie, Camilo a toujours eu des difficultés d’apprentissage mais selon son entourage, il a également toujours mis les bouchées doubles pour avoir les résultats nécessaires pour atteindre ses objectifs. Son objectif depuis son entrée au secondaire est de poursuivre sa scolarisation au sein du programme sport-études de l’école du Triolet.

En juin, on lui a appris que ce ne serait plus possible à cause, en somme, d’un échec (54 %) en arts plastiques, un cours non obligatoire pour obtenir son diplôme d’études secondaires. Il a été renvoyé du programme et devra poursuivre son secondaire à son école de quartier, de La Montée, dans le programme régulier. Ses parents déplorent la décision de l’établissement, dans un contexte où les commissions scolaires font campagne contre le décrochage scolaire.

« Camilo travaille tellement fort. Il va régulièrement aux périodes de récupération. On fait jusqu’à deux heures de devoirs par soir. Et il garde toujours une belle attitude », note sa mère, Sylvie Lavallière, qui précise que malgré tous ces efforts, Camilo a eu trois échecs cette année. En anglais, en français et en arts plastiques.

« En secondaire 1, il avait aussi échoué et repris avec succès deux cours. En secondaire 2, il avait réussi, souvent de justesse, toutes ses matières. Ça n’a jamais été facile pour Camilo et on ne pense pas qu’il sera médecin ou ingénieur, mais on voudrait qu’il finisse son secondaire et je suis convaincue que le baseball peut faire la différence », ajoute-t-elle.

Cet été, l’adolescent a repris ses cours d’anglais et de français. « Le matin, il allait au Goéland. L’après-midi, il avait un emploi d’été. Le soir, il faisait son autre cours en ligne. Et tout ça, sans jamais se plaindre. Il a réussi ses deux cours. Par contre, il n’existe pas de reprise pour le cours d’arts plastiques alors on nous a dit que c’était cet échec qui avait motivé son renvoi », note Mme Lavallière, ajoutant que le cours d’arts plastiques n’est pas obligatoire à l’obtention du diplôme de secondaire 3 et que Camilio passera au niveau supérieur, malgré sa note de 54 pour cent sur son bulletin final.

« Avec tous les efforts qu’on a faits dans les autres matières, c’est vrai qu’on n’a pas misé sur les arts plastiques », avoue la maman.

Perdre son sport, son école, sa gang

« En me levant le matin, la première chose à laquelle je pense est le baseball. C’est aussi à ça que je pense quand j’ai le goût de tout arrêter. Ça me motive à faire mes devoirs et reprendre mes cours. J’aime mon équipe, ma gang. Je joue au baseball depuis que j’ai trois ans. Là je vais perdre mon sport, mon école et ma gang », confie l’adolescent, qui inspire son entourage.

« Son cousin, qui a pourtant de la facilité à l’école, manquait de motivation et, à la relâche en mars, était en train de couler plusieurs matières. On l’a pris à la maison pour terminer l’année et quand il a vu comment Camilo travaillait, il a changé d’attitude et a amélioré de façon remarquable ses résultats », souligne le père de Camilo, Alexis Baldivia.

Quand Sylvie Lavallière a reçu le verdict du Triolet, elle a pleuré pendant une semaine.

« J’ai pas été capable de lui apprendre tout de suite, je savais qu’il aurait beaucoup de peine. Il perd sa gang, son équipe. »

« S’il se pognait le beigne ou dérangeait en classe, je dis pas. Il a de la misère à cause de sa dyslexie et de sa dysorthographie, mais il travaille fort. Et il a une super attitude », répète la mère de Camilo, craignant fortement que ce renvoi mène au décrochage scolaire de son fils.

Plainte

Sylvie Lavallière a porté plainte à la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) la semaine dernière. Vendredi, la CSRS a proposé que le Triolet reprenne Camilo comme élève dans le programme régulier à condition que Mme Lavallière n’aille pas présenter sa plainte devant le comité des plaintes lundi soir (aujourd’hui). La mère de Camilo avait jusqu’à 8 h lundi matin matin pour donner sa réponse. Au moment d’écrire ces lignes, la famille Lavallière-Baldivia n’avait pas pris sa décision.

Camilo selon son entraîneur de Bantam AA 

« Camilo a remporté la médaille d’esprit sportif, car il est quelqu’un qui n’abandonne pas, qui reste positif devant l’adversité et qui a une joie de vivre contagieuse. Lorsque l’atmosphère est tendue, il peut faire une joke, un pas de danse et ainsi, il détend les autres. Et les sportifs détendus sont plus performants. Sport-études est une belle bouée pour Camilo et je trouve ça bien dommage, même si je ne suis pas impliqué dans le programme, qu’il soit exclu. C’est dommage, car Camilo est un bon joueur et une bonne personne. »    - Marc Sauriol, entraîneur de l’équipe d’été de Camilo