Richard Bergevin
Richard Bergevin

Rentrée scolaire: des défis importants à surmonter

Pour que le « plan de match » du ministre Roberge soit une réussite, il faudra s’assurer que les mesures de santé et sécurité soient en place et qu’on on y ajoute les ressources nécessaires afin d’éviter « l’improvisation » du mois de mai, estiment les intervenants du milieu de l’éducation en Estrie.

Au syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE), on s’attend à ce que des experts de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et sécurité au travail (CNESST) ainsi que de l’Institut national de santé publique (INSQ) accompagnent les enseignants dans l’élaboration des conditions sanitaires et pédagogiques appropriées.

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« Les défis liés à la santé et la sécurité seront beaucoup plus grands en septembre, avec un taux de fréquentation de 100%, qu’ils ne l’étaient en mai avec un taux de fréquentation de 50%, souligne le président du SEE, Richard Bergevin. Même s’il est vrai que les élèves ne se transmettent pas la maladie entre eux, ou très peu, le risque n’est pas le même envers les enseignants adultes. »

M. Bergevin s’inquiète également des enjeux liés au décrochage scolaire concernant les élèves de 4e et 5e secondaires pour qui la présence physique en classe pourra se limiter à un jour sur deux.

Il en va de même selon lui, des risques de dérive advenant une deuxième vague à l’automne. « Le ministre dit qu’il va recourir à l’enseignement à distance grâce à des ordinateurs et des tablettes. Il a fait la même promesse au printemps et on n’a toujours pas vu la couleur d’une seule tablette dans nos classes », ajoute le président du SEE.

Centres de services 

Du côté du Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke, Lisa Rodrigue, directrice générale adjointe aux affaires éducatives, a salué la flexibilité manifestée par le ministre dans l’application de son plan de match.

« J’ai senti que le ministre avait une sensibilité au fait que les réalités ne sont pas toutes les mêmes dans tous les milieux ou dans toutes les écoles. Pour nous, c’est quelque chose d’important. »

Le principal défi de la rentrée 2020-2021, selon elle, se trouvera au niveau secondaire où la gestion des groupes fermés demandera des ajustements plus importants.

« Certaines écoles avaient déjà des groupes fermés, d’autres non. Cela va présenter une certaine complexité. Il faudra voir comment on peut s’ajuster en fonction des nouvelles directives. 

« Il y a aussi toute la question de l’enseignement hybride (en ligne et à l’école) pour les élèves de 4e et 5e secondaires. On souhaiterait qu’ils soient tous en présence-école. Est-ce que cela sera possible? Ça reste à analyser», indique Mme Rodrigue.


« Pour nous qui avons beaucoup d’élèves en milieu rural, la question du transport scolaire va être un enjeu important. »
Marie-Claude David

Au Centre de services scolaire des Hauts-Cantons, qui dessert 6000 élèves d’East Angus, Coaticook et Lac-Mégantic, on ne cache pas que la rentrée d’automne sera parsemée de « défis et d’enjeux importants » afin d’assurer un environnement et un encadrement favorables aux apprentissages.

L’aménagement des locaux, la circulation dans les lieux et espaces communes, le transport scolaire, l’aménagement des horaires ainsi que le plan d’urgence sont autant d’enjeux auxquels la direction du CSS des Hauts-Cantons sera appelés à se pencher au cours des prochaines semaines, indique Marie-Claude David, conseillère en communications.

« Pour nous qui avons beaucoup d’élèves en milieu rural, la question du transport scolaire va être un enjeu important. Avec un maximum de 22 élèves par autobus, allons-nous devoir faire deux horaires? Est-ce que les mêmes autobus vont devoir faire le même circuit deux fois?

« Pour les élèves de 4e et 5e secondaires, qui ont des cours optionnels différents, ils ne peuvent pas rester tous ensemble dans la même classe tout le temps. Comment allons-nous gérer ça? Il va falloir trouver des solutions. La bonne nouvelle dans tout ça, c’est que la fréquentation scolaire redevient obligatoire! »

Enfin, du côté du Centre de services des Sommets, qui couvre notamment les écoles de Magog, Valcourt, Richmond et Asbestos, on dit avoir pris connaissance des grandes orientations du ministre Roberge.

« Nous attendons des directives supplémentaires du MÉES. Ensuite, nous pourrons débuter les préparatifs en vue de la rentrée 2020-2021 », a indiqué par courriel la conseillère en communication Mylène Ouellette.

Absence de soutien 

La députée solidaire de Sherbrooke, Christine Labrie, a joint sa voix à ceux qui dénoncent le manque de ressources supplémentaires dans le plan de retour en classe du ministre Roberge.

« Ce qui me saute au visage, c’est l’absence totale de mesures pour mieux soutenir les élèves. Ça aura peut-être l’apparence d’une rentrée normale, mais plusieurs élèves vont revenir de loin. Ils auront passé six mois sans faire d’activités scolaires. Pour eux ça ne sera pas une rentrée normale, et je m’attendais à ce qu’on prévoie un ajout important de ressources professionnelles, et même une diminution du nombre d’élèves par classes pour mieux les accompagner », a fait savoir la responsable de Québec solidaire en matière d’éducation.