La directrice de l’école Notre-Dame-du-Rosaire, Isabelle Laroche
La directrice de l’école Notre-Dame-du-Rosaire, Isabelle Laroche

«Rentrée» scolaire : un blitz jamais vu [VIDÉO]

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
Des pastilles étampées par terre, un sens unique pour se déplacer dans l’école, des tables munies d’un écran protecteur, une bibliothèque transformée en salle de classe : l’école Notre-Dame-du-Rosaire finalisait vendredi les derniers préparatifs en vue de la rentrée scolaire de lundi, à l’instar des écoles du Québec qui mènent un grand blitz.

Dans cette école primaire, 250 des 440 élèves reviennent terminer leur année. Les plus grands, à partir de la troisième année, sont les plus nombreux à revenir, souligne la directrice, Isabelle Laroche.

« On va pouvoir boucler la boucle », dit-elle en soulignant l’importance de cette étape pour les « finissants » de sixième année, visiblement émue. « Ce qui est bien, c’est que ça va nous permettre de les voir une dernière fois, de terminer l’année en beauté avant de voir ce qui nous attend à la rentrée. »

Dans cet établissement de l’arrondissement des Nations à Sherbrooke, le taux de fréquentation est de 62 %. À la CSRS, ce sont quelque 8000 élèves qui reviennent en classe, avec un taux de 67 %.

Lot de défis

Cette « rentrée » en pleine année scolaire, du jamais vu, a entraîné son lot de défis. À Notre-Dame-du-Rosaire, les classes sont dotées de tables, plutôt que de pupitres.

Dans la classe de maternelle de Cassandra Beaudoin, les petites tables ont été espacées. L’endroit était déjà doté d’un lavabo, avant la crise de la COVID-19. Seules deux jumelles pourront s’asseoir l’une à côté de l’autre à la même table. L’enseignante de maternelle a préparé des pochettes individuelles dans lesquels les 12 enfants pourront piger et qu’ils pourront conserver un certain temps.

Comment entrevoit-elle la gestion de sa classe, alors que les tout-petits sont souvent bien affectueux à cet âge? L’enseignante de maternelle a pensé à chacun des aspects. « Ça va être un bon défi. Les enfants sont habitués d’être toujours ensemble. On mangeait nos collations collés, on travaillait collés… Ils vont avoir leur propre bulle. »

« Il y a des câlins qui vont être remplacés par des petites danses », souligne-t-elle. Sa collègue avait confectionné des masques, mais elle ne savait pas encore si elle en porterait un.

Changements en vue

« On a été obligé de doubler la récréation pour avoir le moins de jeunes possible à l’extérieur. On a aussi doublé le temps de dîner. Ils mangent tous dans la classe. Un des grands enjeux a été de trouver des surveillants », note la directrice. « Les élèves ne pourront pas jouer au ballon-chasseur. On a permis que les élèves apportent une balle, une corde à sauter, un jouet qui va les rendre actifs pendant la récréation. »

Autre grand défi : le transport scolaire. « Ici, le bassin d’élèves est très loin, ce sont des élèves transportés. » Elle s’attend donc à voir environ 150 véhicules de parents aux abords de l’école, en plus de quelques autobus scolaires, alors qu’il n’y a déjà presque pas de places de stationnement disponibles et pas de débarcadère.

« On a fait une entrée le matin où on va d’abord gérer les autobus et ensuite, de 8 h 15 à 8 h 45, les parents vont pouvoir reconduire leurs enfants. On les accueille à l’extérieur, on les guide vers la station de lavage », indique Mme Laroche.

Les enfants devront se laver les mains entre autres chaque fois qu’ils entrent dans l’école et à la sortie des classes. « Chaque fois qu’il y a un changement, un déménagement de locaux, il faut faire cette hygiène-là. »

« On a revu de fond en comble tous nos processus. C’est de l’optimisation! » lance la directrice, en soulignant toute la complexité d’orchestrer le retour des enfants. Quelques parents ont demandé de réintégrer leurs enfants un peu plus tard que prévu, question de voir comment se dérouleraient les premières journées.

La Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS) avait convié les médias à visiter les aménagements faits en prévision de la rentrée dans cette école primaire.

À notre sortie, des parents rentraient par une autre porte afin de venir récupérer du matériel laissé à l’école depuis la fermeture des établissements de la province, le 13 mars dernier.

Sur place, un père était là pour récupérer le matériel de ses deux fillettes de sept et neuf ans. Le fait de travailler a influencé la décision du retour à l’école, commente Mathieu Lacroix, un employé de la Ville de Sherbrooke.

« Les filles ont hâte de revenir, mais la plus jeune, étant donné qu’elle change de professeure, elle est stressée », souligne-t-il.

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Des élèves de l’école primaire Sacré-Cœur reprendront les classes à l’école secondaire Montcalm. Il s’agit des seuls élèves qui se retrouvent dans une école secondaire de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

Des élèves de Sacré-Cœur iront à l’école secondaire Montcalm

Des élèves de l’école primaire Sacré-Cœur reprendront les classes à l’école secondaire Montcalm. Il s’agit des seuls élèves qui se retrouvent dans une école secondaire de la Commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke (CSRS).

L’école à vocation artistique était déjà à l’étroit. Sept classes sont à Montcalm et reprendront mercredi plutôt que lundi. Comme les enfants proviennent d’un peu partout sur le territoire, les parents ont déjà été avisés qu’ils devraient reconduire eux-mêmes les enfants, précise le directeur du secrétariat général et des communications de la CSRS, Donald Landry. Du transport scolaire avait été réclamé par les parents d’environ 2000 élèves. La commission scolaire estime avoir pu répondre aux trois quarts de ces demandes. 

Au total, sept écoles de la CSRS feront une entrée décalée sur quelques jours. Cette première semaine sera écourtée par la journée pédagogique de vendredi : le calendrier scolaire n’a pas été modifié, précise M. Landry. 

Dans notre édition de vendredi, le Syndicat de l’enseignement de l’Estrie (SEE) soulevait tout le travail qu’il restait à faire pour l’aménagement de différentes mesures, notamment en ce qui concerne l’installation de stations de lavage de main. Le président du SEE demandait aux commissions scolaires de reporter la rentrée si elles ne se sentaient pas prêtes.

« On va être prêts, commente Donald Landry. En même temps, on l’a dit plusieurs fois. On va s’ajuster. Ça ne sera pas parfait. »  La commission scolaire va fournir différents types d’équipements aux employés. Les enseignants qui souhaitent porter un masque pourront le faire, à leur choix. Des masques réutilisables ont été commandés par l’organisation, mais elle ne les avait pas encore reçus au moment d’écrire ses lignes. Isabelle Pion