La Commission d’accès à l’information enquête sur l’apparente exploitation commerciale de données provenant de dossiers médicaux de millions de Québécois à leur insu.

Renseignements médicaux : des protections qui laissent à désirer

L’Association des gestionnaires de l’information de la santé du Québec (AGISQ) demande à nouveau au gouvernement de tout mettre en œuvre pour mieux protéger les renseignements médicaux des Québécois.

La Commission d’accès à l’information enquête sur l’apparente exploitation commerciale de données provenant de dossiers médicaux de millions de Québécois à leur insu. Ce serait les fournisseurs qui hébergent les dossiers électroniques qui s’adonneraient au croisement de données ainsi qu’à leur vente, notamment à des assureurs. Ceux-ci pourraient alors faire pression sur les médecins pour qu’ils prescrivent des médicaments moins coûteux par exemple.

La Presse+ avait révélé la semaine dernière que des compagnies d’assurances pouvaient intervenir directement auprès d’un médecin pour recommander la prescription d’un médicament plutôt qu’un autre, pour en réduire les coûts, et que les cliniques médicales étaient impuissantes à empêcher l’usage des données médicales par l’entreprise qui héberge leurs dossiers informatisés.

« Nous avions prévenu le gouvernement il y a plusieurs mois de l’absence d’une journalisation systématique des accès aux dossiers médicaux des patients, notamment lors de la commission parlementaire sur l’accès à l’information. Nous y avions également prévenu le gouvernement des risques liés à la création de banques de données biométriques et génétiques », soutient Alexandre Allard, président de l’AGISQ, dont les bureaux sont à Sherbrooke.

« À l’heure actuelle, on ne peut pas garantir qu’un accès inapproprié aux dossiers sera repéré par les autorités, ce qui ouvre malheureusement la porte à des pratiques dommageables. Nous recommandons à nouveau au gouvernement de consacrer les ressources nécessaires, tout en s’appuyant sur l’expertise de ses partenaires, afin de donner un sérieux coup de barre en faveur de la protection des renseignements médicaux des Québécois », ajoute M. Allard.

L’AGISQ offre également sa collaboration à la Commission d’accès à l’information dans l’enquête déclenchée concernant l’utilisation des renseignements de santé contenus dans des dossiers médicaux électroniques. « Nous espérons que cette enquête permettra de dresser un portrait complet des pratiques de journalisation des accès aux dossiers médicaux dans tout le réseau de la santé et des services sociaux », précise M. Allard.