Le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), Jacques Demers, a ouvert le colloque sur la sécurité ferroviaire en donnant l’objectif de la démarche, soit de jeter les bases pour assurer la sécurité des citoyens des municipalités du Québec.

Rendez-vous manqué avec le ministre Garneau

Le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, brillait par son absence à l’important colloque sur la sécurité ferroviaire, vendredi matin, à Lac-Mégantic, organisé par la Fédération québécoise des municipalités (FQM), en collaboration avec le Canadien National (CN). Marc Garneau devait y prononcer une allocution très attendue en ouverture du colloque, mais il a plutôt été retenu à Ottawa à la suite de l’obstruction parlementaire qui a bouleversé l’horaire de la Chambre des communes.

Le colloque réunissait une kyrielle de professionnels, spécialistes des questions ferroviaires, représentants des gouvernements, compagnies de chemin de fer, organismes variés constituant un déploiement impressionnant.

Le président de la FQM, Jacques Demers, a ouvert le colloque en souhaitant que les résultats de la démarche permettent de mettre en place des mesures par les municipalités pour garantir la sécurité des citoyens, « car il y aura toujours des risques reliés au transport des matières dangereuses, sinon nous allons changer leur nom », a-t-il indiqué, provoquant l’hilarité générale.

La mairesse de Lac-Mégantic, Julie Morin, a souhaité que le colloque réponde à la question « Qu’est-ce qui ferait que les gens de Lac-Mégantic se sentiraient mieux, après ce qu’ils ont vécu en 2013? Premièrement, sortir le train du centre-ville, c’est certain », a-t-elle répondu, faisant référence à la voie de contournement fortement réclamée. « Le colloque d’aujourd’hui vient nous dire que le Québec et le Canada se mobilisent pour nous. On s’est toujours sentis appuyés à Lac-Mégantic. Nous voulons nous assurer d’une sécurité ferroviaire pour nos citoyens. Il y a même ici un groupe de citoyens présents qui sont conscients de l’importance de travailler sur cet enjeu-là. »

En avant-midi, deux thématiques ont été abordées, soit l’aménagement à proximité des voies ferrées et les Responsabilités et actions des gouvernements provincial et fédéral. On réservait l’après-midi pour trois autres thématiques, le Suivi du contenu des wagons en temps réel, les Municipalités et la gestion du risque et la Formation des premiers répondants en cas d’accident ferroviaire.

L’intervention du vice-président exécutif et chef de la direction des Affaires juridiques du Canadien National, Sean Finn, a été remarquée. Il a parlé de la responsabilité partagée de la sécurité ferroviaire et de la nécessité pour tous les paliers d’autorité de travailler de concert. Il a aussi raconté comment sa compagnie, dont les trains traversent 1400 municipalités au pays, a adopté la sécurité ferroviaire non pas comme priorité, ce qui se change à volonté, mais plutôt comme valeur fondamentale non négociable, pour prévenir les accidents.

Les quelque 150 participants ont écouté avec beaucoup d’attention les présentations, entre autres, de Pauline Quinlan, vice-présidente du Comité d’examen de la Loi sur la sécurité ferroviaire, et de Jacques Demers, sur les enjeux et perspectives de la sécurité ferroviaire.

En après-midi, Béland Audet a présenté son projet d’Institut en Culture de sécurité industrielle Mégantic, alors que Gaétan Drouin, le directeur de la sécurité incendie de Lévis, a proposé un cadre de coordination de sinistre en soutien aux municipalités du Québec.

La Coalition déçue
Le rendez-vous entre le ministre Garneau et la Coalition pour la sécurité ferroviaire de Lac-Mégantic était déjà prévu pour 11 h, après l’allocution que le ministre devait prononcer en ouverture du Colloque, mais n’a pas eu lieu pour les raisons que l’on connaît.

« Nous sommes très déçus, nous voulions lui remettre des documents et des photos de trains, de rails en mauvais état, parce qu’au téléphone, c’est plus difficile, a témoigné le porte-parole de la Coalition, Robert Bellefleur. Ce colloque nous a au moins permis de nous exprimer sur des réalités qui nous causent encore des incertitudes, comme le triage qui se fait encore à Nantes, en haut de la pente d’où est parti le train de la mort. »