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Éric St-Arnaud, le directeur général de Renaissance, et Danny Roy, le directeur général de Récupex.
Éric St-Arnaud, le directeur général de Renaissance, et Danny Roy, le directeur général de Récupex.

Renaissance et Récupex : un partenariat gagnant

Coralie Beaumont
Coralie Beaumont
La Tribune
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Le 5 avril aura lieu l’ouverture officielle de la première friperie Renaissance en dehors de Montréal… et elle sera située aux Promenades King. Ce projet d’économie sociale est né de la belle synergie entre Renaissance et l’organisme sherbrookois Récupex, dont les cloches à vêtements ornent les rues estriennes depuis des décennies. « On est super fiers de venir ici! Le projet avec Récupex est emballant et, en plus, on est des organismes amis », partage Éric St-Arnaud, le directeur général de Renaissance.

Le magasin Renaissance de Sherbrooke devient donc la 17e friperie de cet organisme à but non lucratif né à Montréal en 1994 pour faciliter l’insertion sociale et professionnelle des personnes éprouvant de la difficulté à intégrer le marché du travail, tout en agissant pour la protection de l’environnement et l’économie circulaire.

Afin de présenter la mission de son organisme, M. St-Arnaud a fait visiter le gigantesque local d’une superficie de 15 000 pieds carrés à la députée fédérale Élisabeth Brière et au conseiller municipal Marc Denault, en présence de Pierre Bélanger et de Danny Roy, le président et le directeur général de Récupex. Tout au long de leur rencontre, les deux élus n’ont pas caché leur plaisir face à l’installation de ce nouvel acteur social dans leur ville. 

Des emplois de qualité

Avec l’arrivée de Renaissance, ce sont quelque 50 nouveaux emplois permanents qui ont été créés dans la région sherbrookoise. « Personne n’est au salaire minimum, tout le monde a des assurances collectives avec des congés payés. Nos employés reçoivent 500 dollars en cadeau de Noël à la fin de l’année », détaille M. St-Arnaud. Le directeur général en profite pour glisser que quelques postes restent à combler dans le magasin sherbrookois.

M. St-Arnaud est d’avis que le nombre de postes disponibles devrait augmenter dans les prochaines années. « On a un magasin à Montréal grand comme celui de Sherbrooke. C’est sa cinquième année d’ouverture et je pense qu’ils ont environ 95 employés permanents ». 

Grâce aux dons de vêtements et d’articles usagés faits par les Estriens, Renaissance se donne notamment pour mission d’accompagner les personnes, y compris des personnes handicapées, vers le chemin de l’emploi grâce à plusieurs programmes de réinsertion professionnelle et sociale majoritairement autofinancés. 

Renaissance mise également sur la promotion en interne. « La moitié de mon équipe de direction, ce sont des gens qui ont commencé à l’interne. On leur a payé des cours de leadership, on les a envoyés à l’université », explique M. St-Arnaud. « La superviseure la plus ancienne d’un magasin renaissance a commencé comme participante dans un programme d’intégration il y a 22 ans… elle a suivi des cours, elle a fait tous les postes et, maintenant, elle supervise sept magasins, ce n’est quand même pas rien! On a de belles réussites comme cela », poursuit-il.

Un impact environnemental positif

« Bonne nouvelle, on va enfouir moins à Sherbrooke! » s’exclame M. Denault durant la rencontre. En effet, M. St-Arnaud a expliqué que Renaissance « récolte environ 20 000 tonnes par année, qui sont donc déviées des sites d’enfouissement. Ceci croît environ de 10 à 20 % par an ». 

Il estime que le Renaissance de Sherbrooke devrait, au début, permettre de dévier entre trois et quatre millions de livres de matière par an des sites d’enfouissement. « Notre objectif, c’est de monter cela à 8 millions », annonce Éric St-Arnaud. 

De plus, ce sont environ 75 camions remplis de dons qui n’iront plus à Montréal, ajoute Danny Roy, le directeur général de Récupex. Les vêtements des Estriens qui nous ont été donnés vont être remis en circulation ici! On est dans une dynamique d’économie circulaire. »

Un partenaire local

Mme Brière, munie d’un grand sac de dons pour l’occasion, se demandait s’il valait mieux apporter ses dons chez Renaissance ou les déposer dans une cloche de Récupex. « Dans les deux cas, cela aidera les deux organisations », affirme M. St-Arnaud. Selon lui, le centre de dons de Renaissance est complémentaire aux cloches à vêtements de Récupex qui sont plus proches de la population. 

De plus, il croit que l’importante publicité déployée par Renaissance aidera également son partenaire. « Je pense qu’il y a de la place au soleil pour tout le monde et on devient plus fort en travaillant ensemble à faire grandir l’économie sociale. À date, lorsqu’on s’installe à certains endroits à Montréal, le volume des dons des autres acteurs augmentent plus vite que ce qu’ils ne peuvent prendre », explique M. St-Arnaud. Il pense d’ailleurs que l’économie sociale ne fait que commencer.  

M. Roy abonde en son sens. « Avec la venue d’un grand joueur comme Renaissance qui bénéficie d’un pouvoir de publicité et de promotions, je pense que la tarte du réemploi va grossir! Les gens prendront encore plus l’habitude de magasiner dans les friperies et on va tous finir par en bénéficier ».

M. St-Arnaud explique que la vision de Renaissance est de créer des partenariats avec d’autres organisations. Il estime d’ailleurs à 50 le nombre de partenariats noués par son organisme. « On n’a aucune prétention de tasser qui que ce soit. On voudrait juste que la matière qui est jetée en ce moment reste pour les Québécois, à leur place avec les citoyens du secteur ».

Un acteur communautaire

« On est 100 % local, on veut récupérer localement et on veut revendre localement. L’argent reste ici. Quand on a construit ici, c’est un entrepreneur de Sherbrooke qui est venu. Les employés sont des gens de Sherbrooke. Toute la matière qui est ici, on va la récupérer, la traiter et la vendre pour les gens de Sherbrooke », vante M. St-Arnaud.

De plus, le magasin lui-même évoluera en fonction des besoins de la population. « Le gérant de magasin a le plaisir d’adapter son magasin selon les besoins de la population. S’il voit qu’il y a plus d’enfants ici, il va peut-être agrandir son département enfant ».

Éric St-Arnaud ne cache pas que l’objectif est de déployer davantage de magasins en Estrie, mais également dans d’autres régions. « On aimerait ca! Ce qu’on a fait à Montréal, on veut le faire ailleurs mais plus pousser encore, avec plus partenariats et travailler avec des gens pour développer d’autres organisations. »

La direction du Renaissance de Sherbrooke estime que l'ouverture de la friperie devrait permettre, au début, de dévier entre trois et quatre millions de livres de matière par an des sites d’enfouissement.