La porte-parole de Rencontre interculturelle des familles de l’Estrie, Michèle Vatz Laaroussi, le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, et Miriame Cissé, coordonnatrice de projet pour la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, ont procédé au lancement du chantier sur les relations interculturelles, vendredi, à l’hôtel de ville.

Relations interculturelles : Sherbrooke en mode « médiation »

Un vaste chantier visant à améliorer les relations interculturelles est en marche. Présenté comme « un grand projet sherbrookois », ce chantier vise à créer « un climat favorable » aux dialogues, aux échanges et aux débats entourant le racisme et les différentes formes de discrimination vécues à Sherbrooke.

Appelé « Ensemble contre le racisme et les discriminations à Sherbrooke : médiations, sensibilisation, alliés et multiplicateurs », le projet sera chapeauté par plusieurs organismes communautaires, dont le RIFE (Rencontre Interculturelle des familles de l’Estrie), la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie et la Ville de Sherbrooke.

Plusieurs activités sont prévues à l’intérieur de ce chantier au cours de la prochaine année. Un premier jalon sera posé le samedi 11 mai, à 14 h 30, lors d’un ciné-discussion-interculturel, qui aura lieu au bureau d’arrondissement Jacques-Cartier, situé sur le boulevard de Portland. Il y sera question des différents rapports en lien avec la diversité à Sherbrooke en 2019.

Plusieurs forums, ateliers et activités de sensibilisation sont aussi prévus tout au long de la prochaine année. L’idée étant de permettre à tous les citoyens de prendre part à l’une ou l’autre de ces manifestations, a insisté l’une des porte-parole de l’événement, Michèle Vats Laaroussi, lors du lancement tenu vendredi à l’hôtel de ville.

Les organisateurs espèrent une participation issue de tous les milieux sociaux, économiques, institutionnels et communautaires de la région.

« On s’adresse vraiment à tous les citoyens, a-t-elle souligné. Ce n’est pas un exercice fait pour les experts. Nous sommes les experts de notre propre vision des choses. Le processus qu’on met en œuvre vise à mettre sur la table ce qu’on pense et pourquoi on le pense. »

Pas à l’abri

Elle a rappelé que Sherbrooke n’est pas à l’abri des tensons liées au racisme et aux différentes formes de discrimination.

« Les tensions qui règnent à Sherbrooke sont à peu près les mêmes que partout ailleurs au Québec et au Canada, dit-elle. On n’est pas dans un îlot isolé. On trouve des tensions autour des religions, on le voit avec le projet de loi 21. Tout ça existe depuis fort longtemps. On en trouve entre divers groupes immigrants et groupes de la communauté d’accueil. Ça ne se passe pas toujours bien. Il y a aussi des tensions un peu plus larvées, plus propres à Sherbrooke, entre communautés anglophone et francophone. Les immigrants parfois servent de trait d’union. On entend dire que ceux-là vont s’en aller du côté des anglos, etc. Cela crée certaines tensions qu’il faut comprendre. »

Selon elle, ces tensions doivent être exprimées, débattues et mises en perspective. D’où l’importance du dialogue, dit-elle.

« On veut créer un climat de médiation, un climat inclusif, un climat dans lequel on peut se parler et pas juste confronter nos idées dans des débats idéologiques à coups d’arguments où on se bat. L’idée, c’est de créer un climat où on va s’écouter et où on va essayer de comprendre les référents des autres pour être capable d’avancer. L’objectif, c’est d’avancer dans ce climat », a-t-elle souligné.

Tout en saluant l’initiative, le maire de Sherbrooke Steve Lussier a rappelé que « le paysage sherbrookois se diversifie davantage d’année en année ».

Miriame Cissé, coordonnatrice de projet pour la Fédération des communautés culturelles de l’Estrie, a pour sa part souhaité que les Sherbrookois soient nombreux à participer. « Seul, on va vite, mais ensemble, on va plus loin », a-t-elle rappelé.   

Outre les citoyens de toutes origines et générations, l’organisation indique que les élus, les organismes, les institutions et les gens d’affaires seront invités à prendre part à l’exercice dans les prochaines semaines.