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Les salles d’opération de l’Estrie vont rouvrir peu à peu au cours des prochaines semaines.
Les salles d’opération de l’Estrie vont rouvrir peu à peu au cours des prochaines semaines.

Relance graduelle des chirurgies en Estrie

Marie-Christine Bouchard
Marie-Christine Bouchard
La Tribune
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Sherbrooke — Les salles d’opération rouvriront graduellement au cours des prochaines semaines dans les hôpitaux du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Alors qu’il y avait globalement une salle d’opération ouverte sur deux la semaine passée, il y avait sept salles sur neuf ouvertes à l’Hôpital Fleurimont lundi ainsi que six salles sur dix à l’Hôtel-Dieu de Sherbrooke.

« Les salles vont rouvrir au fur et à mesure qu’il y aura de la disponibilité de la main-d’œuvre », indique la Dre Colette Bellavance, directrice des services professionnels au CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

La disponibilité des blocs opératoires de Lac-Mégantic et de Magog sera augmentée la semaine prochaine seulement. Toutefois, le CIUSSS a augmenté aussi d’une salle depuis lundi la capacité des hôpitaux de Granby et de Brome-Missisquoi-Perkins.

Il y a aujourd’hui près de 12 000 Estriens en attente d’une chirurgie.

Le nombre d’hospitalisations liées à la COVID-19 a beaucoup diminué au cours des dernières semaines. Après avoir atteint un pic de 95 patients hospitalisés (dont 13 aux soins intensifs) le 20 janvier, il en restait 33 lundi.

Mais cela ne suffit pas à ramener aux blocs opératoires tout le personnel infirmier épuisé.  

Depuis la mi-janvier, environ 500 chirurgies non urgentes par semaine ont été effectuées en Estrie [toutes spécialités confondues]. Avant que le délestage ne soit accentué en décembre, autour de 800 chirurgies non urgentes étaient effectuées par semaine. 

Pour chaque salle d’opération, il faut généralement trois infirmières ou infirmières auxiliaires. La formation des infirmières pour travailler en salle d’opération dure plusieurs mois. Or depuis le début de la pandémie, ce personnel a été réquisitionné pour soigner les patients sur les étages des hôpitaux.

Un problème déjà présent

La pandémie est donc venue accentuer un problème déjà criant d’accessibilité aux salles d’opération de Sherbrooke. Non seulement les salles d’opération ne sont pas assez nombreuses, mais le manque de personnel infirmier perdure depuis longtemps.

« Il faut savoir qu’avant la pandémie, nous n’étions pas capables d’ouvrir 100 % de nos salles de chirurgie tous les jours », rappelle la Dre Bellavance.

Celle-ci tient toutefois à rassurer la population: les chirurgies urgentes ont toujours été effectuées sans délai, et « elles le seront toujours ».

Il est possible de penser entre autres aux césariennes, aux saignements intracrâniens à drainer, aux appendicites, aux fractures, etc.

Entente avec un bloc
opératoire privé

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS a récemment signé une entente avec un bloc opératoire privé pour y délocaliser certaines chirurgies. D’autres avenues sont envisagées pour profiter des installations du secteur privé.

« Pour la région de Sherbrooke, nous avons presque atteint la limite de la capacité du secteur privé. Toutefois, nous sommes en train d’évaluer la possibilité de signer une entente de gré à gré dans un autre secteur de l’Estrie », mentionne la directrice des services professionnels.

En attendant, impossible de dire combien de patients pourront être opérés grâce à la réouverture de deux salles d’opération à Sherbrooke cette semaine. La durée de chaque chirurgie peut être différente d’un patient à l’autre et d’une spécialité à l’autre. Certaines chirurgies cardiaques ou oncologiques, par exemple, peuvent durer huit heures. D’autres chirurgies sont terminées en moins d’une heure.

La situation dans les deux hôpitaux universitaires de Sherbrooke est d’ailleurs unique au Québec, car les blocs opératoires sont utilisés de la première jusqu’à la quatrième ligne dans un seul centre universitaire et sur un territoire très vaste, en plus des patients qui viennent de l’extérieur de l’Estrie pour recevoir une chirurgie surspécialisée.

Les besoins spécialisés pour les chirurgies oncologiques [quatrième ligne], par exemple, entrent donc en compétition avec les chirurgies courantes de la première et de la deuxième lignes et toutes les urgences quotidiennes qui doivent être traitées rapidement. 

« Tout est évalué en fonction de l’évolution clinique des patients », mentionne la Dre Bellavance.

Ralentissement aussi 
dans les cliniques externes

Les activités dans les cliniques externes spécialisées sont toujours au ralenti, mais toutes les spécialités n’ont pas subi les mêmes impacts.

« Dans certaines spécialités, il est possible de faire des téléconsultations et les listes d’attente ont pu diminuer. Dans certaines autres spécialités, c’est difficile ou impossible de faire des téléconsultations, alors les listes d’attente se sont allongées. Mais globalement si on prend toutes les spécialités ensemble, les cliniques externes spécialisées sont moins pénalisées que les chirurgies », indique la Dre Bellavance.