Les sourires étaient nombreux lundi après-midi dans les locaux de La Tribune : les employés se sont fait confirmer par le juge Dumais que leur projet de coopérative était accepté.

Relance de La Tribune : le juge donne son aval au projet de coop [VIDÉO]

La Tribune continue... et ce sera en mode coopératif. C’est ce qu’a décidé le juge de la Cour supérieure Daniel Dumais après plusieurs jours de suspense. Pour le directeur général de l’organisation, Maurice Cloutier, il s’agit d’un « beau cadeau de Noël ».

« Nous sommes très heureux de la décision rendue par le juge Dumais, commente d’entrée de jeu M. Cloutier. C’est une étape essentielle pour la suite des choses. On a travaillé très fort à bâtir la relance de La Tribune tout l’automne avec l’appui de la communauté. On peut vraiment dire que prend forme la coopérative de solidarité de La Tribune. Tout est en place pour la relance. »

Il s’agit d’un « beau grand défi collectif » que l’ensemble des employés a devant eux. « C’est le temps de dire merci à tout ceux qui ont cru en nous pendant tous ces mois. Ils ont cru que La Tribune devait et allait continuer. On est enfin à l’aboutissement de tout ça. C’est magnifique, à la veille de Noël, de recevoir un si beau cadeau de la communauté, c’est fantastique », considère M. Cloutier, le sourire aux lèvres. 

Journaliste et chroniqueuse à La Tribune, Sonia Bolduc exprime sa reconnaissance aux citoyens qui ont cru à la mission du journal. « On pourrait embrasser un à un les gens qui nous ont soutenus financièrement, mais aussi en nous envoyant des petits mots. On se faisait dire en ville “on continue, on est là”. [Les citoyens] se sont mis, la semaine dernière, à acheter du café en quantité incroyable pour soutenir La Tribune. Si on pouvait, on ferait du porte-à-porte pour donner des câlins à tout le monde », exprime-t-elle.  

« On a engagé le milieu, rappelle quant à lui le président du CA de la coopérative de solidarité La Tribune, Jean Perrault. On a amassé plus de 2,5 M$ sur une période de trois à cinq ans. Les employés se sont engagés, tout comme les institutions, la Ville et les MRC. Ils veulent garder un journal quotidien. » 

Soulagement

Maurice Cloutier constate qu’un poids s’est retiré des épaules de tous les employés du quotidien. « Il y a un soupir de soulagement, mais on avait confiance que le juge reconnaîtrait tout le chemin parcouru et nous donnerait son aval », commente M. Cloutier.

« On en a fait du chemin ! assure pour sa part la journaliste Isabelle Pion, qui s’implique sur le comité de relance depuis le mois d’août. Je me sens soulagée. Je commençais à me demander si on aurait la décision juste après les Fêtes. Oui, il y a eu le comité de relance, mais des gens ont travaillé très fort derrière nous, car on était plus sur le projet que sur le produit. Ç’a été un beau travail d’équipe », dit celle qui a également été élue à titre de secrétaire du conseil d’administration. 

« On peut se permettre de rêver, travailler sur notre Tribune 2.0 et faire les choses à notre façon », enchaîne-t-elle. 

Claude Plante, qui travaille à La Tribune depuis presque trente ans, a été le premier à lancer l’idée du projet de coopérative. « Quand la nouvelle est sortie, j’ai voulu lancer l’idée à mes amis sur un groupe Facebook. Tout le monde a réagi. Aujourd’hui, on y est. Ç’a été difficile, long, mais on est content de l’avoir », mentionne-t-il, ajoutant qu’il avait eu la même idée lorsque le groupe avait été vendu à Martin Cauchon en 2015. 

Fonds de pension

Retraités et employés devront cependant mettre une croix sur 30 % de leur fonds de pension. « Les retraités, comme tous les employés qui demeurent, doivent dire adieu au même pourcentage de leur fonds de pension. C’est très dommage pour les retraités, j’en conviens. C’était un passage obligé que la terminaison des régimes de retraite pour permettre une relance sur une base solide de La Tribune et des cinq autres quotidiens », exprime Maurice Cloutier.