Simon Gilbert, président du syndicat des pompiers de la Ville de Sherbrooke : « L’âge de la retraite est très important pour nous, parce qu’on ne souhaite pas nécessairement qu’un employé de 62 ans soit obligé de procéder à un sauvetage dans un feu... »

Régimes de retraite : les syndicats satisfaits dans les circonstances

Dans les circonstances, les employés municipaux sont satisfaits de l’entente entérinée lundi au conseil municipal concernant la restructuration des régimes de retraite. Ils continuent toutefois de croire que la loi 15, portant sur la santé financière et la pérennité des régimes de retraite du monde municipal, était inutile.

Rappelons que les déficits éventuels des régimes de retraite des employés municipaux seront partagés à parts égales entre la Ville et les employés et que des aménagements ont été trouvés pour permettre de rembourser un déficit s’élevant à 4 M$.

Les pompiers, eux, se détachent maintenant des autres groupes d’employés et, comme les policiers, auront leur propre régime de retraite. « Au départ, ce n’est pas nous qui avons demandé une scission des régimes de retraite. Nous voulions une comptabilité distincte à l’intérieur du même régime que les autres. Quand la Ville s’est rendu compte de la complexité de la chose, elle nous a proposé de créer notre propre régime », précise Simon Gilbert, président du syndicat des pompiers de la Ville de Sherbrooke.

« À travers les années, nous nous rendions compte que nous payions plus cher que ce que nous coûtions. Maintenant, c’est mathématique : lorsque nous ferons des profits, nous pourrons les injecter comme bon nous semble. Dès le début, nous n’avions pas les mêmes préoccupations que les autres groupes. L’âge de la retraite est très important pour nous, parce qu’on ne souhaite pas nécessairement qu’un employé de 62 ans soit obligé de procéder à un sauvetage dans un feu... »

Les pompiers ont d’ailleurs été les seuls à ne pas repousser l’âge auquel ils peuvent prendre leur retraite sans pénalité. Ils ont plutôt accepté de payer une cotisation spéciale pendant cinq ans pour rembourser leur part du déficit.

« Il reste que la loi 15 est une aberration. Je demeure convaincu que nous n’avions pas besoin de cette loi marteau. Nous avons transformé cette loi marteau en opportunité. »

Le conseiller syndical de la FISA Gaétan Desnoyers, qui représente le syndicat des fonctionnaires municipaux et professionnels de la Ville de Sherbrooke, dénonce aussi une loi qui, selon lui, était faite pour Montréal et Québec. « Nous n’avions pas besoin de la loi 15 pour assurer la pérennité des régimes de retraite. Quand c’était nécessaire, nous nous sommes toujours assis avec la Ville pour trouver des concessions. Là, nous sommes venus changer rétroactivement des ententes alors que les conventions étaient signées. On ne peut pas être contents de ça. »

M. Desnoyers estime que les employés ont fait des concessions qui n’auraient pas dû être nécessaires. « Nos actuaires nous disent que nous n’aurions pas été obligés de les donner. »

Dans les circonstances, ses membres ont obtenu le meilleur accord possible. « Nous avons négocié les meilleurs moyens d’assurer la pérennité des régimes à l’intérieur du carcan qu’on nous a imposé. Pour le syndicat, on parle de dizaines de milliers de dollars en avocats et en actuaires. La Ville était dans le même bateau. J’en veux au gouvernement de nous avoir mis dans cette situation. Ça laisse un goût amer. »

À noter que les syndicats contestent toujours la validité de la loi 15. Les policiers de Sherbrooke, eux, n’ont toujours pas d’entente pour la restructuration de leur régime de retraite.