Le directeur d'Équiterre, Steven Guilbeault, souligne la position avantageuse du Québec en matière d'exploitation forestière durable.

Regard sur les enjeux économiques de l'industrie forestière en Estrie

Elle recouvre plus du trois quarts du territoire de la région et pourtant, la forêt estrienne n'occupe pas la place économique qu'elle devrait selon le milieu de la foresterie.
De nombreux enjeux de l'industrie forestière estrienne ont été soulevés au Musée de la Nature et des Sciences de Sherbrooke où se tenait lundi un forum sur la production de bois et l'aménagement durable. Selon l'Association forestière du sud du Québec et son président, Sylvain Lemay, l'Estrie n'exploiterait que 40 % des ressources forestières possibles et responsables sur son territoire, un pourcentage qu'on souhaiterait voir passer à 50 %, voire 60 %.
«Il y a 9200 propriétaires forestiers au Québec, seulement 4000 ont des plans d'aménagement pour leur forêt et 3000 produisent du bois», détaille M. Lemay.
Celui-ci insiste sur l'approche responsable de l'industrie forestière, une démarche qui a beaucoup évolué depuis des années.
«Intervenir en forêt, ça ne la détruit pas, ça contribue à sa santé, soutient-il. On a des méthodes éprouvées qui font que lorsqu'on intervient, on le fait en imitant la nature.»
Un propos appuyé par le conférencier et directeur d'Équiterre Steven Guilbeault, qui souligne la position avantageuse du Québec en matière d'exploitation forestière durable. C'est que plusieurs entreprises oeuvrant sur le territoire ont adopté la norme FSC (Forest Stewardship Council), qui tient compte des enjeux économiques, sociaux et écologiques de l'exploitation forestière. En Estrie, 32 % de la forêt est certifiée FSC.
«Cette norme fournit un peu le guide pour faire une exploitation durable de la forêt», explique M. Guilbeault.
Une exploitation désormais plus responsable du bois, mais aussi une ressource renouvelable et écologique martèle l'industrie.
«Récolter du bois, c'est remplacer le plastique, le pétrole, le béton ou l'acier, c'est un choix écologique que les gens devraient faire davantage», note M. Lemay.
L'industrie a cependant encore beaucoup à faire pour effacer de la mémoire les images de coupes à blanc qui ont miné sa crédibilité et nuisent aujourd'hui au recrutement de jeunes entrepreneurs forestiers.
«Les secteurs plus traditionnels ont de la difficulté présentement à compétitionner, il y a vraiment toute une campagne d'éducation et de sensibilisation à faire. Les producteurs doivent montrer qu'ils ont changé leur façon de faire, qu'on exploite nos forêts de manière plus durable maintenant», note M. Guilbeault.