Refoulement d’égouts à Magog : une situation « aberrante », dénonce un citoyen

Un citoyen de Magog est en grogne contre sa Ville. Le système de pompes et de génératrices de la municipalité situées sur les égouts aurait, selon lui, mal fonctionné, ce qui aurait causé un refoulement d’égout dans sa maison.

« Par hasard, je me suis aperçu que j’avais ce débordement alors qu’il y avait à peine deux pouces d’eau sur le plancher du sous-sol. Dans le secteur, un voisin aurait entre deux et trois pieds d’eau souillée. Certaines personnes ont été très affectées », dit Pierre Boucher, qui a été directeur technique dans des hôpitaux.

« On voit encore qu’au niveau de la gestion des risques, il y a un problème, considère le citoyen de Magog. En 2005, on a eu un problème similaire dans le secteur, car la génératrice n’a pas démarré. Il faut tester les génératrices une fois par semaine. Il faut que ça fonctionne. Peu importe où je suis, il y a des normes qui doivent être suivies, surtout pour ce qui est de la gestion des risques », exprime-t-il, ajoutant qu’il est « aberrant de vivre ça aux 10-15 ans ».

M. Boucher se considère « full equiped » pour gérer une telle situation. « J’ai une génératrice d’urgence. Avant que la pompe de la Ville cesse de fonctionner, ma génératrice fonctionnait, mes pompes d’urgences fonctionnaient aussi. J’ai un système de protection et d’alarme. Je suis full equiped pour gérer ça, même en panne électrique. Mais quand un geyser arrive du système d’égout, on a un problème. Quand la pression fait sauter le clapet antiretour, je ne peux plus rien faire », déplore celui qui a travaillé à l’hôpital de Magog. 

Selon lui, il est inexplicable pour une municipalité de faire ce genre d’erreur. « J’ai fait 32 ans dans ma carrière dans le privé. On avait un système presque infaillible de gestion de risque pour que ça n’arrive pas. C’est la même chose dans les hôpitaux. Je ne comprends pas que dans une ville, on ait des infrastructures comme ça sur le bord d’un lac. Ça prend des services appropriés pour que ça marche », martèle l’homme en colère, qui fera une réclamation à ses assurances. 

Selon lui, la Ville de Magog n’aurait pas de pompe de rechange. « Ça coûte 200 000 $. Mais on est capables d’investir 20 M$ dans la rénovation du centre-ville, de reconstruire un hôtel de ville, mais on n’a pas 200 000 $ pour sécuriser et faire de la bonne gestion de risque pour une série de résidants », analyse l’homme visiblement irrité. 

Pierre Boucher a bien tenté de téléphoner à la Ville de Magog. « Leur numéro d’urgence, quand on le compose, ça amène à la police et ça nous dit de faire le 9-1-1, raconte-t-il. Ça prend un numéro d’urgence pour les services techniques. Ce n’est pas une cause de mort ou de blessure, le 9-1-1 c’est des questions humaines. Là, c’est une question technique. Ça fait juste prouver qu’il y a du laxisme dans la gestion des opérations d’une ville qui a des équipements qui doivent être entretenus, surveillés et testés. C’est primordial. »

« Ce n’est pas un act of God, enchaîne-t-il. Je comprends qu’il y a eu de grands vents et tout ça, mais je pense qu’un moment donné, il faut des équipes sur place et un suivi nécessaire sur les équipements. Si on est capable de faire une gestion de risque pour la fête de l’Halloween, il y a de la gestion de risque plus importante. »

M. Boucher prévoit exprimer son mécontentement au conseil municipal.

La mairesse de Magog Vicky-May Hamm n’a pas retourné l’appel de La Tribune samedi soir.