Réforme : Bergeron s'en remet au ministre

« La balle est dans le camp du ministre des Affaires municipales », clame la conseillère Nicole Bergeron au lendemain du vote majoritaire en faveur de la réforme de la gouvernance. Par l'entremise du député Réjean Hébert, Mme Bergeron a demandé s'il était possible que le groupe Contre la disparition de Brompton puisse s'entretenir avec le ministre Sylvain Gaudreault. Elle a également formulé cette demande pour elle-même.
Rappelons qu'en séance du conseil municipal lundi, 17 des 20 élus ont voté pour une réduction à 14 du nombre de conseillers et à quatre du nombre d'arrondissements pour l'élection de 2017. Brompton se joindrait alors à l'arrondissement de Rock Forest-Saint-Élie-Deauville.
« Considérant le poids de la résolution adoptée à 17 contre 3, je me demandais s'il était possible de faire contrepoids en soulignant comment les citoyens de Brompton s'y sont pris pour se faire entendre. Est-ce que la pétition, les mémoires déposés en consultations publiques et les interventions au conseil municipal pourraient permettre au ministre de considérer que Brompton considère son arrondissement? Si ce n'est pas possible, est-ce que le ministre ouvrirait la porte à l'analyse d'un dossier pour la possibilité d'une défusion? » s'interroge Mme Bergeron.
Si la réponse était négative dans tous les cas? « Ce que les citoyens veulent d'abord et avant tout, c'est d'être entendus. Sommes-nous les premiers à voir notre arrondissement aboli sans le consentement des citoyens? Si aucune des options envisagées ne portait ses fruits, nous n'aurions d'autres choix que d'accepter le verdict par dépit. »
Nicole Bergeron avoue que le revers au vote de lundi est cinglant. « C'est certain que pour la conseillère qui a depuis le début défendu les arrondissements et leur valeur dans une ville, c'est difficile à avaler. Mais le plan personnel n'est pas important. Ce qui me touche plus, c'est qu'on renie le modèle qui avait été accepté avec la fusion. Je suis élue pour un mandat de quatre ans et comme tout bon professionnel, il faut assumer ses responsabilités jusqu'au bout. Je continuerai à travailler avec les membres du conseil et à bien représenter les citoyens de Brompton. L'environnement de travail sera toutefois à jamais altéré. Ça fait partie des enjeux de la politique. »
Une pétition
Le porte-parole du groupe Contre la disparition de Brompton, Pierre Meese, faisait partie de la centaine de citoyens présents au conseil municipal lundi. « Nous ne sommes pas surpris par le vote. Dans les prochains jours, on pense à lancer une pétition qui demanderait au ministre Gaudreault d'étudier la possibilité d'une défusion. Mais nous ne voterons pas sur une défusion sans savoir ce que ça coûtera. Personne ne voudrait voir son compte de taxes doubler. »
M. Meese s'est dit déçu du ralliement des conseillers Pierre Tardif et Annie Godbout, qui avaient préalablement soutenu la proposition de fusion entre Saint-Élie et Brompton déposée par Chantal L'Espérance. Il ne croit pas qu'une plus grosse délégation de citoyens insatisfaits à l'hôtel de ville aurait changé quoi que ce soit. « On savait le vote perdu d'avance. Il y avait un effet de découragement et beaucoup d'agriculteurs étaient incapables de se rendre parce que c'était l'heure du train. Nous sommes contents du nombre de citoyens que nous avions. »
Pierre Meese n'a par ailleurs pas apprécié les interventions de certains conseillers, qui faisaient valoir que Brompton gagnait beaucoup dans les circonstances. « C'était une provocation inutile. Les conseillers avaient des gens tristes devant eux et ils jetaient de l'huile sur le feu. »
Le maire Bernard Sévigny expliquait lundi que le dossier de la réforme « sera envoyé au ministre des Affaires municipales dans les prochains jours parce qu'on arrive bientôt en élections provinciales. Nous voulons que le dossier soit déposé sur son bureau avant le début des élections. À partir de ce moment-là, nous attendrons sa décision et nous espérons que tout soit réglé dans le bill omnibus de juin en fin de session parlementaire, donc que ce soit intégré dans le projet de loi qui regroupe toutes les modifications concernant le monde municipal ».