En début de soirée, Michèle Héon-Lepage, porte-parole de la Tour 2 des Terrasses du golf, a déposé une pétition de 198 noms pour que les élus protègent certaines zones de la levée des référendums dès maintenant.

Référendums: Sévigny invité à ouvrir le débat du projet de loi 122

Les dispositions du projet de loi 122 ont une fois de plus alimenté le débat, lundi à l'hôtel de ville de Sherbrooke. Alors que plusieurs citoyens ont pris la parole pendant la période de questions pour interroger les élus, des conseillers indépendants ont continué de réclamer un débat autour de la table du conseil.
C'est l'abolition possible des référendums pour les zones de densification et de requalification qui soulève des interrogations pour le conseiller Jean-François Rouleau. « Je ne m'oppose pas à ce qu'on abolisse les référendums, sauf pour certaines exceptions dont les zones de propriétés publiques ou des zones actuellement classées récréatives. Selon ce que déclarait Bernard Sévigny la semaine dernière, j'ai comme l'impression qu'il tente de reporter la discussion à plus tard pour ne pas avoir à traiter du sujet en cette année électorale. »
« Qui nous dit qu'un jour un conseil municipal, composé majoritairement de membres d'un parti, ne serait pas de connivence avec un promoteur pour transformer le Club de golf en projet domiciliaire? Qui nous dit qu'un jour un conseil municipal, composé majoritairement de membres d'un parti, de connivence avec un promoteur, ne voudrait pas exploiter les rives de la rivière? »
M. Rouleau a une fois de plus invité ses collègues à tenir le débat immédiatement. « Monsieur Sévigny nous dit d'avoir confiance et de croire en sa parole, mais avec l'expérience des huit dernières années, peut-on vraiment lui faire confiance? S'il est sérieux et qu'il tient véritablement à protéger ces zones, pourquoi craindrait-il d'adopter une résolution à cet effet? »
Nicole Bergeron aurait elle aussi souhaité que le projet de loi fasse l'objet de débats « en amont », au conseil municipal. « Peut-être même aurions-nous pu voter une résolution au conseil et à la rigueur présenter un mémoire pour faire nos propres recommandations. Il est capital que chaque élu puisse se prononcer. »
Marc Denault a proposé qu'une thématique liée à la loi 122 soit soumise au débat à chaque séance du conseil.
« Les référendums sont une mesure avec laquelle je vis très bien. Ils apportent un rapport de force entre les citoyens et les promoteurs », a ajouté Hélène Dauphinais.
« Les élus sont assez responsables pour prendre les mesures qui conviennent au moment venu », a répliqué Robert Pouliot.
Si Pierre Tardif a rappelé que des villes rejetaient des dispositions du projet de loi 122, il aurait souhaité pouvoir rapporter les commentaires que lui ont faits les citoyens sur le sujet. Christine Ouellet, elle, s'est étonnée des doléances des résidants des Terrasses du golf, qui ne l'ont pourtant pas interpellée. « Je suis conseillère pour votre secteur. J'ai envie d'entendre vos préoccupations avant de me faire une opinion et de porter votre voix. »
« C'est ça un débat public »
Bernard Sévigny invite ses collègues à continuer à s'exprimer. « C'est ça un débat public. Ça se passe dans une séance du conseil municipal. Le processus est rendu à Québec. Ce qu'il y a dans le projet de loi, ça fait huit ans qu'on le travaille dans le monde municipal. Qu'il y ait des conseillers qui vivent mal avec la levée de l'approbation référendaire, c'est leur position et c'est correct. Les meilleurs espaces pour en discuter, c'est en séance publique. » Il a aussi rappelé que les dispositions du projet de loi ont été expliquées à huis clos, pendant deux heures, aux élus municipaux.
En début de soirée, Michèle Héon-Lepage, porte-parole de la Tour 2 des Terrasses du golf, a déposé une pétition de 198 noms pour que les élus protègent certaines zones de la levée des référendums dès maintenant. Marcel Cyr, de l'Association des riverains et utilisateurs de la rivière Magog, a quant à lui déposé une pétition de 81 noms pour les mêmes raisons.
« L'historique de l'implication citoyenne démontre que les référendums permettent de protéger des acquis. N'y aurait-il pas lieu d'exclure des territoires considérés pour la requalification ou la densification des endroits que nous considérons comme des joyaux? M. [Bernard] Sévigny, pourquoi ne pas laisser votre marque en protégeant des milieux naturels de valeur pour les Sherbrookois? » a interrogé Mme Héon-Lepage.
Raymond Robitaille a incité les élus qui ne s'étaient pas prononcés jusqu'à maintenant à prendre la parole. Pascal Cyr, lui, a rappelé que le maire jugeait les référendums pertinents, en 2007, quand le plan d'urbanisme a été rejeté par un plébiscite populaire.
« Ce que vous dites, à plusieurs égards, manque de nuances. En 2007, c'était le cadre qui existait. C'étaient les règles du jeu. Nous avons une occasion de revoir ces règles », a rétorqué M. Sévigny.