Le président de Récup Estrie, Pierre Avard, rapporte que les municipalités ont toutes été libres de prendre leur propose décision concernant la suspension du recyclage.
Le président de Récup Estrie, Pierre Avard, rapporte que les municipalités ont toutes été libres de prendre leur propose décision concernant la suspension du recyclage.

Récup Estrie: les Villes n’étaient pas obligées de suspendre le recyclage

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Récup Estrie demandait à ses municipalités membres de lui donner un coup de main en suspendant le recyclage pendant deux semaines, mais il ne s’agissait pas d’une obligation, plaide son président Pierre Avard. La Régie s’engageait à dédommager les municipalités qui décidaient d’entreposer leurs matières recyclables.

M. Avard répond ainsi aux doléances du maire de Saint-Camille, Philippe Pagé, qui déplorait la décision de Sherbrooke de maintenir sa collecte du recyclage, du 29 mai au 14 juin, alors que Récup Estrie ne sera pas en mesure de traiter ces matières. Il jugeait que toutes les municipalités ne jouaient pas en équipe. 

Rappelons que l’installation de nouvelles lignes de tri nécessite l’arrêt complet de la machinerie de Récup Estrie pour deux semaines, période pendant laquelle la Régie demandait aux municipalités d’interrompre les collectes pour éviter la mise en ballots et l’entreposage des matières. 

Les MRC des Sources et de Coaticook ont choisi d’accéder à cette demande, alors que Sherbrooke, Magog, Windsor, entre autres, et cinq municipalités du Haut-Saint-François continueront de ramasser le recyclage.

« Ce que nous avons demandé au C.A., c’est : pouvez-vous nous donner un coup de main? Le message était le même dans toutes les municipalités, à savoir si les citoyens pouvaient en fait plus pour nous aider. Nous n’avons jamais pensé en termes de petites ou de grosses municipalités. Nous voulions réduire le coût du transport et de l’entreposage », dit Pierre Avard.

Accusé de manquer de leadership par Philippe Pagé, M. Avard, précise qu’il ne vote pas au C.A. de Récup Estrie, puisqu’il est président. Il rapporte que le représentant de la Ville de Sherbrooke, Julien Lachance, était en accord avec la position de la Régie.

Steve Lussier

« Je ne sais pas ce qui a changé à la Ville de Sherbrooke, mais j’avais reçu un message de la direction générale qui laissait entendre que notre recommandation serait appuyée à Sherbrooke. Ensuite il a été question de la collecte du recyclage seulement dans les blocs d’appartements, où l’espace d’entreposage est plus limité. Et en quelques jours, nous sommes revenus à une collecte partout sur le territoire. En plus, M. Lussier dit aux citoyens d’envoyer leurs matières recyclables comme d’habitude. Pour un maire qui se dit pour l’environnement, ce n’est pas très responsable », tonne M. Avard.

« Je comprends la frustration. Nous ne pouvons pas revenir en arrière puisque les travaux commencent le 29 mai », ajoute-t-il.

Le maire Steve Lussier explique que la décision s’est prise à la direction générale qui, avec le Bureau de l’environnement, avait été mandatée pour réfléchir à la question du recyclage. « Moi je voulais que ce service continue pour éviter d’envoyer des matières à l’enfouissement. Déjà, en mars, nous avons envoyé 7 % plus de matières résiduelles à l’enfouissement, alors que c’était 4 % de plus en avril. »

Comment expliquer que la direction générale avait contacté M. Avard pour l’informer que la Ville accéderait vraisemblablement à la demande de Récup Estrie? « On n’avait probablement pas encore analysé l’impact de cette décision. Deux semaines, c’est quand même long. Ça représente 600 tonnes de recyclage pour la Ville de Sherbrooke », dit M. Lussier.

Steve Lussier rapporte qu’il provoquera une rencontre chez Récup Estrie, une fois les nouveaux équipements installés, considérant que l’entente pour le traitement des matières recyclables a été renouvelée pour cinq ans. « Il y a des gains à faire à se parler. »

Hugues Grimard

Des critiques modérées des préfets

Si le maire de Saint-Camille avait peine à contenir sa colère mercredi, en apprenant que les matières recyclables seraient ramassées à Sherbrooke alors que sa MRC a opté pour une suspension de la collecte, le préfet de la MRC des Sources, Hugues Grimard, un ancien président de Récup Estrie, se montrait plus modéré. 

« On trouve la situation particulière. Quand j’étais président, je le disais qu’il fallait investir pour améliorer les équipements. Il est particulier que Sherbrooke fasse bande à part. Les matières mises en ballots sont beaucoup plus difficiles à traiter ensuite. Mais nous, nous répondons présents à la demande. Nous sommes bons joueurs et nous le faisons pour l’environnement. »

M. Grimard s’interrogeait à savoir comment une ville peut occuper la présidence d’une régie et aller à l’encontre de la vision de celle-ci.

Bernard Marion, préfet de la MRC de Coaticook, jugeait lui aussi que la décision différente de Sherbrooke n’était pas idéale. « C’est le contexte d’une régie. Nous sommes désavantagés pour le moment, mais nous serons avantagés par d’autres décisions. Nous ne sommes pas offusqués, mais il est vrai que la décision de Sherbrooke paraît cavalière. Il reste que c’est une goutte dans l’océan. »