Le petit Jayden est fort bien en compagnie de Suzanne Boissonneault et Philippe Plourde, sous le regard attendri de sa maman Sharon.

Réconfort pour de jeunes mamans de la Villa Marie-Claire chez des aînés [VIDÉO]

Dans une grande salle douillette se trouvent une quinzaine de personnes âgées et six mamans avec leurs poupons. Les bébés gazouillent. Un petit garçon de deux ans s’amuse avec des petites citrouilles et se promène d’une personne à une autre. Les aînés sourient. Les mamans jasent avec une ou avec l’autre de ces grands-mamans attendries. Les yeux brillent : ceux des aînés bien sûr, mais aussi ceux des mamans qui sont fières des beaux mots que l’on dit sur leurs enfants.

Ces jeunes mamans sont hébergées à la Villa Marie-Claire du CIUSSS de l’Estrie-CHUS. Elles y séjournent avec leurs enfants parce qu’elles éprouvent des difficultés d’adaptation et ont besoin d’ajustements pour pouvoir répondre correctement aux besoins de leurs enfants.

Quant à ces aînés autonomes ou semi-autonomes, ils habitent à la résidence des Seigneuries du Carrefour. Si leur résidence leur offre de nombreuses activités de loisirs, celle-là a une saveur particulière et unique.

Dans les faits, les mamans et les bébés de la Villa Marie-Claire visitent les aînés dans le cadre d’un projet-pilote qui a pour but de donner du bonheur aux aînés et d’ouvrir les mamans aux bienfaits du bénévolat.

« Ah que c’est agréable. J’adore les bébés. J’ai été enseignante à la maternelle pendant 18 ans, vous savez. Ça nous fait vivre de beaux moments, ça nous rappelle des moments précieux avec nos enfants et nos petits-enfants », soutient Orise Desautels, une dame de 80 ans aux yeux pétillants.

« Cette jeune maman est venue à toutes les rencontres depuis le début. On voit son bébé grandir. On a développé des liens. On parle un peu, elle me parle de son vécu. C’est agréable. C’est une présence chaleureuse, qui me fait du bien. J’ai tellement hâte à chacune des visites de ces mamans! » ajoute Mme Desautels.

Sharon est effectivement présente en compagnie de son bébé de sept mois, le petit Jayden. Ces visites sont positives pour elle, une sortie aussi attendue que souhaitée. « Ça me fait du bien de sortir de la Villa. Je suis contente de voir que les gens sourient, qu’ils sont contents de voir et de prendre mon bébé. J’aime beaucoup venir ici », souligne la jeune maman.



« Les femmes qui sont à la Villa sont en situation stressante; elles sont en évaluation. »
Maxime Duranleau

Son séjour à la Villa Marie-Claire se passe plutôt bien, dit-elle, même si elle doit prendre ça « un jour à la fois ». « Il y a beaucoup de stress. Je veux pouvoir repartir avec mon bébé », ajoute-t-elle.

Même son de cloche du côté de Mélissa, qui était présente à la rencontre avec Lucas, son bébé de cinq semaines.

« Quand j’étais au secondaire, j’ai fait des stages avec les personnes âgées et j’ai adoré l’expérience. Je suis contente d’être ici », dit-elle.

Noémie était présente à la rencontre pour la première fois avec son fils de deux ans, Gabriel-Abraham. « Les grands-parents de mon fils sont très loin. Je suis contente qu’il puisse voir des aînés. J’avais très hâte à la sortie d’aujourd’hui et Gabriel-Abraham aussi », ajoute-t-elle alors que son petit bonhomme explore les lieux et les bras avec une belle aisance.

Samantha avait confié son bébé Ryder à une grand-maman. Elle qui habite à la Villa Marie-Claire depuis quatre semaines vise à apprendre à mieux comprendre les besoins de son enfant quand il pleure.

« Venir ici, ça fait du bien. Je suis heureuse de voir les gens sourire », dit-elle en jetant un regard bienveillant sur son poupon tout sage dans les bras d’une aînée.

« Gagnantes-gagnantes »

« Ces rencontres sont gagnantes-gagnantes, tant pour les aînés que pour les mamans et leurs bébés », estime Maxime Duranleau, éducateur spécialisé à la Villa Marie-Claire.

« Pour les mamans, ces rencontres ont un impact positif sur l’estime de soi. C’est intéressant pour elles de voir le bien qu’elles peuvent faire avec du bénévolat. Il y a aussi des impacts sur les habiletés sociales. Pour certaines d’entre elles, c’est plus difficile d’entrer en contact, d’entretenir une conversation, et c’est ça qu’on encourage ici », précise-t-il.

« Les femmes qui sont à la Villa sont en situation stressante; elles sont en évaluation. De venir ici, de pouvoir échanger avec des mamies, de partager sur leur vécu, juste ça, ça leur fait du bien », ajoute-t-il également.

Si c’est à la Seigneurie du Carrefour que les mamans se rendent, c’est parce que les aînées de cette résidence avaient déjà des liens avec la Villa Marie-Claire.

« Nous avons un club de tricot et chaque année, nous allons faire un don de tuques, de mitaines... Et chaque année quand nous nous rendons à la Villa pour faire notre don, je vois combien les mamans sont contentes quand on va les voir avec leurs bébés. Une grand-maman, c’est très accueillant, c’est sécurisant, et les mamans ressentent un confort », soutient Luce Bessette, responsable des programmes d’animation et de loisirs à la Seigneurie du Carrefour.

Et la suite des choses? Le projet-pilote se poursuit jusqu’à la fin de l’automne. Il y aura alors une réévaluation. « Jusqu’ici, ce n’est que du positif. On n’a que quelques rues à faire, ça ne coûte rien à personne. L’hiver, ça peut être plus compliqué avec les rhumes, la grippe. On ne sait pas encore quelle sera la suite », soutient Maxime Duranleau.