Patrick Bonin et Annie Chaloux ont participé à la conférence traitant de l’adaptation aux changements climatiques.

Réchauffement climatique : renverser la vapeur

SHERBROOKE — Visiblement, les Sherbrookois sont au courant du problème du réchauffement climatique. Comment est-ce que la planète s’y adapte? Quatre experts se sont penchés sur la question devant plusieurs dizaines de citoyens réunis au Musée de la nature et des sciences lundi soir.

« C’est impressionnant comme il y a une mobilisation sans précédent au Québec, a commenté le responsable de la campagne Climat-Énergie à Greenpeace Canada, Patrick Bonin. Ce n’est pas juste dans les grandes villes, c’est un peu partout. Depuis les périodes de canicule cet été, les gens ont été frappés. Les récentes inondations ont littéralement réveillé les gens. »

M. Bonin a profité de son passage à Sherbrooke pour parler de la science au niveau des impacts des changements climatiques. « C’est lié avec les émissions de gaz à effet de serre. On sait qu’il faut rapidement réduire nos émissions. Inévitablement, nous sommes rendus à un point où l’on subira des conséquences, on souffrira d’une certaine manière. L’idée, c’est de dire et de faire comprendre aux gens que moins on va réduire nos émissions de gaz à effet de serre, plus les impacts seront forts. Si l’on n’agit pas rapidement, on n’aura même pas les capacités de s’adapter », a-t-il affirmé en entrevue avec La Tribune.

« Le but, c’est de faire écho aux scientifiques qui ont sorti un constat totalement limpide disant qu’au niveau mondial, il faut réduire nos gaz à effet de serre de 50 % au cours des 12 prochaines années, poursuit-il. Évidemment, le Québec, le Canada, les plus riches, les industries, qui sont entre autres responsables de ces émissions historiques, doivent assumer du leadership, mettre l’épaule à la roue, respecter leurs engagements et aller au-delà. Au fédéral et au provincial, les gouvernements ne sont pas en voie d’atteindre leur objectif en matière de gaz à effet de serre. C’est encore possible d’éviter le pire, mais il faut agir rapidement et de manière résolue. »

Selon lui, les Québécois doivent faire attention à la manière dont ils se déplacent sur les routes. « La part du lion, c’est le transport. Si on regarde l’impact écologique des Québécois, si tout le monde consommait comme nous, ça prendrait trois planètes pour subvenir à nos besoins. Il faut choisir un véhicule écoénergétique, faire du covoiturage, du télétravail et bien entretenir son véhicule. Dans un contexte québécois, il faut investir dans le transport collectif », décrit le spécialiste.

Annie Chaloux, professeure de politique appliquée à l’Université de Sherbrooke, est la coorganisatrice de ce concept de « bar des sciences » qui permettait aux Sherbrookois de venir prendre un verre en jasant de gaz à effet de serre. Celle-ci a aussi donné une conférence, commentant l’évolution des négociations climatiques à l’international. « C’est une conférence qui porte sur la thématique de l’adaptation aux changements climatiques. Ça fait des années qu’on en parle, mais un momentum est en train de se créer. Comme la semaine prochaine vont débuter les négociations internationales sur les changements climatiques, c’est un bon moment pour parler de climat, faire intervenir des spécialistes de tous les domaines pour aborder toute la complexité de l’enjeu », analyse Mme Chaloux.

Outre M. Bonin et Mme Chaloux, deux autres conférenciers ont livré leurs connaissances au public. Un climatologue de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Jean-Pierre Blanchet, a expliqué l’impact du réchauffement climatique sur le système climatique mondial. Un professeur titulaire de l’Université de Sherbrooke, Dominique Gravel, a, quant à lui, abordé le sujet de l’impact sur l’écosystème et comment celui-ci s’adapte à ces changements.