Sophie Séguin et la FIQ tentent d’inclure la notion de ratio dans la convention collective des infirmières depuis quatre ans.
Sophie Séguin et la FIQ tentent d’inclure la notion de ratio dans la convention collective des infirmières depuis quatre ans.

Ratios: Sophie Séguin demande plus de volonté politique

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
Sophie Séguin et la FIQ tentent d’inclure la notion de ratio dans la convention collective des infirmières depuis quatre ans. La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons de l’Est aimerait bien voir plus de volonté politique dans ce dossier.

Rappelons qu’un rapport publié par la FIQ mercredi dévoilant un palmarès des pires CHSLD de la province en ce qui a trait au ratio professionnel de la santé/patients a été dévoilé. Dans ce document, on apprend entre autres que deux infirmières accompagnées de deux infirmières auxiliaires avaient la charge de 144 patients pendant un quart de nuit au CHSLD de Saint-Joseph ou encore que deux infirmières, dont l’une auxiliaire, ont pris soin de 71 personnes pendant une nuit.

Des projets pilotes ont même été mis en branle partout en province en 2018 dans les CHSLD. « Ç’a été très positif, mais ça n’a pas été maintenu, car après les projets pilotes, comme il n’y avait pas d’engagements formels, la plupart des établissements n’ont pas maintenu l’augmentation de ressources pour les ratios », déplore-t-elle

« Quand on a fusionné, on savait depuis longtemps qu’il y avait des problèmes de ratios, confirme-t-elle. En 2015, on s’est rendu compte qu’il y en avait que c’était mieux que d’autres et qu’il y en avait où ça n’avait pas d’allure. Depuis 15 ans, la clientèle, ce sont des gens qui ont des troubles de comportement graves, avec des troubles cognitifs. Quand j’ai commencé comme infirmière, un patient qui n’allait pas bien en CHSLD, on le transférait à l’hôpital. On ne lui donnait pas les soins sur place. Maintenant, on donne des soins aigus à nos ainés. Ça implique que ça prend beaucoup plus d’heures-soins, mais on n’a jamais ajusté les ratios. 

«De toute façon, ça n’existe pas dans le vocabulaire d’un établissement, un ratio. À l’époque, les directeurs décidaient du nombre de professionnels qui s’occupaient d’un patient, mais il n’y a pas de base de données sur lesquelles un employeur peut se coller. »

Mme Séguin pense que le gouvernement doit s’attaquer à ce problème. « C’est beau de dire qu’on ne veut pas qu'il arrive à nouveau ce qui est arrivé avant la COVID. On dirait qu’il a fallu la COVID pour qu’ils réalisent que si tu lèves un peu le tapis, il y a pas mal de poussière en dessous », décrit-elle.

Est-ce qu’une réglementation pour les ratios en CHSLD pourrait amener plus d’heures supplémentaires obligatoires? «À court terme, si on s’entend pour ajouter certains postes, il va falloir y aller graduellement, car évidemment, on ne sera pas capable de combler tous les écarts au début, car il manque déjà des gens.»

La directrice des ressources humaines du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Josée Paquette, a préféré ne pas commenter. «Ce sont des démarches qui sont ressorties dans le cadre des négociations nationales, donc on va réserver nos commentaires. Le ministère de la Santé et des Services sociaux va sûrement en faire à cet égard. »