Les horodateurs de la Ville de Sherbrooke ont donné quelques mots de têtes à des clients du centre-ville.

Ratés autour des horodateurs

Les horodateurs du centre-ville font parfois défaut à Sherbrooke. Quelques personnes ont été victimes des défaillances du système, qui peut indiquer la mauvaise heure ou encore refuser les cartes de crédit.

C’est le cas d’Antoni Daigle, qui aurait reçu un constat d’infraction à cause de cette erreur. « Ça faisait deux jours que j’allais sur la rue Wellington. Les deux fois, quand je suis arrivé pour payer le stationnement, j’ai vu que l’heure était déréglée. Il était midi, mais sur l’horodateur il était 9 h. Le lendemain, j’avais quelque chose à la Capsule à 17 h et le problème n’était pas réglé. J’ai payé pour deux heures, mais l’impression du coupon n’a pas fonctionné. Quand je suis sorti, j’avais un constat d’infraction », déplore-t-il. 

« J’ai appelé à la Ville le lendemain, continue M. Daigle. Mon idée est de contester la contravention, de dire que par temps froid, les horodateurs fonctionnent mal. Le citoyen se retrouve un peu en otage. Mais je ne veux pas perdre une journée de travail pour une contravention de 38 $. »

La réponse de la Ville de Sherbrooke ne lui a pas plu. « Au 5858, on m’a dit que ce n’était pas vraiment eux qui s’occupaient de ça, mais qu’ils pouvaient enregistrer ma plainte, me faire un suivi et transférer ça au service des finances. La personne à qui j’ai parlé m’a dit du bout des lèvres que ça pouvait arriver de temps en temps que les horodateurs fonctionnaient moins bien. On m’a invité à aller à un autre horodateur à côté, mais ça commence à être du patchage », analyse Antoni Daigle, qui n’a pas pensé à payer à l’aide de l’application B-CITI.

La Ville de Sherbrooke a constaté après une analyse que l’heure de l’une des bornes était effectivement déréglée. Le problème, selon l’organisation, n’est pas relié au froid et a été réglé à la première heure le lendemain. Il n’a touché qu’une seule borne, situé sur la rue Wellington Nord. 

Cartes de crédit

Alexandre Demers, administrateur de la page Facebook Mouvement Sherbrooke Démocratie, décrit avoir vécu une autre situation problématique avec les horodateurs. « Il y a quelques semaines, on avait une réunion au centre-ville par un temps très froid. J’ai dû faire trois bornes — deux sur la rue Wellington et une dans le stationnement étagé — pour pouvoir avoir un billet de stationnement. J’avais communiqué avec Rémi Demers et Alexandre Hurtubise, car je sais qu’ils ont une préoccupation avec la qualité et l’expérience du centre-ville. Le stationnement, c’est la première chose qu’une personne qui arrive au centre-ville vit », exprime-t-il, ajoutant que la machine était en fonction, que l’heure était bonne, mais aucune lecture ne se faisait avec les cartes de crédit.

Alexandre Demers se pose plusieurs questions sur cette problématique. « Rémi Demers m’a dit qu’il allait amener cela au comité de revitalisation du centre-ville. Le service des finances m’a dit que les agents devaient s’assurer que les appareils fonctionnent correctement. Est-ce qu’ils font un test de lecture? Est-ce qu’ils essaient de payer avec de la monnaie? »

Pourquoi n’a-t-il pas utilisé B-CITI? « Je ne suis pas contre l’utilisation de B-CITI, mais je n’ai pas d’appareil pour l’utiliser. J’imagine que je ne dois pas être le seul. On a une alternative, mais elle n’est pas disponible pour tous. »

Ville de Sherbrooke

De son côté, la Ville de Sherbrooke indique que les horodateurs sont des équipements mécaniques et électroniques, donc un mauvais fonctionnement est possible. Les agents affectés au contrôle et la compagnie de support des équipements sont mis à contribution pour détecter les problèmes afin de les régler. 

De plus, seul un juge de la cour municipale peut annuler une contravention remise par un agent, précise-t-on.

Les citoyens sont invités à aviser la Ville au 819 821-5858 lorsqu’un problème survient avec les bornes de paiement. 

Alexandre Hurtubise

« Des cas d’exception », dit Hurtubise

Pour le président de l’Association des gens d’affaires du centre-ville de Sherbrooke, Alexandre Hurtubise, la situation n’est pas encore problématique, mais elle pourrait le devenir. En effet, il a eu vent de quelques problèmes d’horodateurs, mais remarque que ceux-ci sont ponctuels. 

« On a eu vent qu’il y avait plus de cas où les horodateurs ne fonctionnaient pas, affirme-t-il. Si c’est quelque chose de très ponctuel, ça doit être le plus simple possible pour le client de se faire rembourser. À notre avis, il ne devrait pas avoir à passer par tout le processus si c’est un simple bogue technique. Si ça devient épidémique et que plusieurs horodateurs ne fonctionnent pas, la Ville doit prendre acte de ça et mettre sur pause la distribution de constats si jamais ils s’en rendent compte, car ça va devenir problématique. On n’a pas eu vent d’une série de cas du genre, mais on suit le dossier de près avec la Ville, car cet hiver, on en entend parler un peu plus qu’à l’habitude. »

Est-ce qu’il y a des discussions avec la Ville à ce sujet? « On a des discussions constantes avec la Ville, mais le dossier des horodateurs qui seraient défectueux en tant que tel ou que ce soit une problématique plus lourdes que quelques cas d’exception, non. On va sonder nos commerçants et l’on va aviser la Ville. Tant mieux que l’hiver arrive à sa fin, surtout si c’est ce qui occasionne des problèmes », répond-il.

De plus, M. Hurtubise rappelle que l’application pour téléphones intelligents B-CITI demeure disponible. Cet outil permet de payer son espace de stationnement à distance à l’aide de sa carte de crédit. « Il y a toujours l’application disponible, mais les bornes doivent fonctionner à 100 % en tout temps. On ne s’en va pas vers un scénario où tout le monde a l’application. Il y a des cas de force majeurs, mais on ne doit pas s’attendre à ce que les personnes marchent jusqu’à une autre borne; elles doivent toutes être en état de marche », résume-t-il.