La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin
La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin

Rassemblements à Noël : « C’est la goutte qui fait déborder le vase »

Lilia Gaulin
Lilia Gaulin
La Tribune
Les travailleurs du milieu de la santé et des services sociaux se sentent délaissés par le gouvernement Legault à la suite de l’annonce permettant les rassemblements entre le 24 et 27 décembre uniquement.

La présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin, soutient que les employés du secteur de la santé ont été oubliés dans cette décision.

« On comprend que la décision a été prise pour la majorité de la population qui ne travaille pas à Noël ni la fin de semaine. Toutefois, nous avons été complètement délaissés dans cette décision. La grande majorité de nos membres travaillent une fin de semaine sur deux. Pour les gens qui travaillent et qui ont des familles à l’extérieur, ce sera très complexe. Il y a également les gens qui travaillent de soir et de nuit. Ils ne pourront pas voir leur famille », souligne-t-elle.

« La nouvelle a été mal reçue, très mal reçue. Dès le début de l’annonce, on a commencé à avoir des commentaires. Il y avait une grande déception. Les gens sont déjà épuisés, et ce, avec tout le stress que ça apporte. C’est une autre claque au visage pour les employés de l’État. Les gens ne se sentent pas du tout appréciés et reconnus par leur employeur », ajoute-t-elle.

Mme Séguin mentionne que les membres de la FIQ-SPSCE comprennent totalement l’objectif derrière ces mesures. Toutefois, ils auraient souhaité que cette décision soit prise en pensant aux employés du domaine de la santé et des services sociaux.

« S’il y avait eu un partage entre Noël et le Jour de l’an, les gens auraient pu trouver une certaine satisfaction. Nous sommes encore plus sensibilisés aux règles sanitaires. Nous les prenons à la lettre. Les gens sont déjà très peu avec les membres de leur famille. Nous ne voulons pas créer d’éclosions communautaires. Nous sommes très prudents au quotidien depuis le début de la crise. Toutefois, cette annonce a été la goutte qui a fait déborder le vase. »

L’APTS dénonce le manque de reconnaissance

Même constat du côté de l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

« C’est une couche de plus qui s’ajoute à la non-reconnaissance ressentie par plusieurs de nos membres. Ça ajoute au mépris que les membres sur le terrain ressentent. Le personnel de laboratoire, qui n’a pas eu de reconnaissance notamment avec la prime de 8 %, va encore être surutilisé pendant cette période des Fêtes. Il y a plusieurs de nos membres qui sont déjà épuisés. Ils travaillent dans un contexte de pandémie avec des arrêtés ministériels qui modifient grandement leur contrat de travail », mentionne sa présidente Andrée Poirier.

Elle soutient également que la pression sur les laboratoires du Québec est grandissante. « On peine à faire 30 000 tests par jour et au point de presse le gouvernement annonçait qu’on allait en faire 35 000 durant le temps des Fêtes. Nos membres nous interpellent depuis hier. Ils sont toujours interpelés pour en faire plus, mais il n’y a pas de reconnaissance. »

Mme Poirier rappelle que le secteur public est actuellement en négociations. « Tout passe par des conditions de travail respectueuses et décentes. Je pense que si le personnel de laboratoire n’était pas là actuellement, on serait dans une très fâcheuse position », conclut-elle.