Plusieurs Sherbrookois ont pris part au mouvement populaire « Nous regardons. Respectez le Traité de #1752 », qui prend de plus en plus d’ampleur sur le Web et à travers le monde, du Kurdistan à la Colombie, en passant par l’Île de la Tortue.
Plusieurs Sherbrookois ont pris part au mouvement populaire « Nous regardons. Respectez le Traité de #1752 », qui prend de plus en plus d’ampleur sur le Web et à travers le monde, du Kurdistan à la Colombie, en passant par l’Île de la Tortue.

Rassemblement sherbrookois en solidarité aux Mi’kmaq

Mireille Vachon
Mireille Vachon
La Tribune
Une trentaine de citoyens se sont rassemblés dimanche après-midi devant l’hôtel de ville de Sherbrooke pour montrer leur solidarité envers les pêcheurs de homards mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse, qui ont subi plusieurs attaques de pêcheurs non autochtones dans les dernières semaines. 

Ces injustices vécues par des pêcheurs mi’kmaq de la Nouvelle-Écosse ont récemment fait couler beaucoup d’encre. « On savait que le racisme existait encore, mais pas à ce point-là », regrette l’artiste mi’kmaq Quentin Condo, un des organisateurs de l’événement. 

Rappelons notamment que des pêcheurs commerciaux non autochtones ont mis le feu à des locaux où la communauté mi’kmaq entreposait ses prises, et que le véhicule d’un pêcheur mi’kmaq dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse a été endommagé par un groupe de vandales, qui ordonnaient au pêcheur de renoncer à ses prises.

Quentin Condo, un des organisateurs du rassemblement et artiste mi’kmaq, a pris la parole pour dénoncer les inégalités vécues par les peuples autochtones.

« J’ai toujours été impliqué pour défendre les causes autochtones depuis la Décision Marshall en 1999 », avance M. Condo. « On est 21 ans plus tard, et on a encore les mêmes batailles. Ça n’a pas changé », poursuit le Mi’kmaq natif de la Gaspésie. 

« Le problème, ce n’est pas les lois, c’est le système d’éducation, croit-il. Ce n’est pas à nous d’éduquer le monde, mais bien au gouvernement d’éduquer son monde. Nous [les communautés autochtones], on connait nos droits, on connait les traités et on les montre à nos enfants. »

« Peut-être que les adultes, on ne peut pas les réparer tout de suite, mais les petits, oui. L’éducation, ça commence à l’école et de bonne heure. Ça commence à la maternelle », indique Quentin Condo, qui habite Sherbrooke depuis près de six ans avec sa femme et ses cinq enfants. 

« C’est aberrant de débarquer ici, de s’approprier les territoires, de mettre en place un État et des lois, et après de dire à ceux qui étaient là avant nous ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire, soutient pour sa part Philou, lui aussi organisateur. C’est important de montrer notre solidarité envers ces peuples-là. »

Quentin Condo est convaincu que si un Autochtone avait brulé ou cassé les biens d’une personne non autochtone, les conséquences auraient été beaucoup plus graves. « Ça aurait été la prison right away. On le sait, ça arrive tout le temps », déplore-t-il. 

« Je pense que les gens sont prêts à faire les efforts, mais le gouvernement doit serrer ses bottes », conclut-il.