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Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, mardi matin, lors d'une conférence de presse.
Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, mardi matin, lors d'une conférence de presse.

Rapport Laurent sur la DPJ: Québec est d’accord pour investir dans la prévention

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
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Le gouvernement du Québec accepte et mise sur le «virage prévention», recommandé par le rapport Laurent, afin de régler une partie des problèmes minant le filet de sécurité qu’est la DPJ, notamment la surcharge de travail des intervenantes jeunesse.

Le rapport final de la Commission sur les droits de l’enfant, présidée par l’ancienne syndicaliste Régine Laurent, a été rendu public lundi.

Il contient de nombreuses recommandations dont l’adoption d’une charte des droits de l’enfant, un meilleur financement de plusieurs organismes communautaires oeuvrant auprès des familles et un allègement de la tâche des intervenantes jeunesse.

Mardi matin, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, et le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, ont réagi à ces constats et suggestions en conférence de presse.

Le ministre Carmant a notamment indiqué qu’il plaçait tout en haut de sa liste de choses à faire la réforme «en profondeur» de la Loi sur la protection de la jeunesse et le déploiement d’actions de prévention, pour attraper et aider les enfants vulnérables avant qu’ils n’aboutissent aux services de protection de la jeunesse : «j’en ai fait un cheval de bataille, et j’ai bien l’intention de poursuivre dans cette voie».

«Il faut un continuum de services aux enfants et aux familles pour diminuer les signalements», a-t-il insisté.

Parmi les autres «actions ambitieuses» suggérées dans le rapport, qu’il affirme approuver et soutenir, le ministre Carmant a souligné la création d’un commissaire au bien-être et aux droits des enfants, la rédaction d’une Charte des droits des enfants «pour qu’ils puissent participer aux décisions qui les concernent» et l’augmentation de services de prévention, comme l’aide alimentaire aux familles, ainsi que des soins de santé mentale et pour le traitement des dépendances, entre autres choses.

Le projet de loi devrait être déposé cet automne, a indiqué le ministre Carmant. Outre les changements qu’il contiendra, il a insisté sur le respect plus serré de certaines règles qui existent déjà, comme les délais maximaux de placement des enfants et la réduction du «ballotage» des enfants, qui effectuent parfois trop d’aller-retour entre leur famille biologique et leur famille d’accueil.

Surcharge de travail

Quant au manque d’intervenantes jeunesse et à leur surcharge de travail - leur imposant de mener de front un grand nombre de dossiers à la fois et faisant en sorte qu’elles ne peuvent pas toujours agir assez rapidement pour protéger les petits - M. Carmant a soutenu que les interventions en amont permettront de réduire leurs tâches.

Ainsi, si les enfants vulnérables et négligés sont repérés, par exemple dans les services de garde et à l’école, et qu’ils sont aidés par des professionnels ou des organismes communautaires, le recours à la DPJ ne sera pas nécessaire et les intervenantes auront donc moins de dossiers à gérer.

«Ce qu’on nous demande, c’est de venir diminuer les demandes à la protection de la jeunesse en ajoutant de la prévention», a résumé le ministre.

M. Carmant a ainsi cité des actions déjà entreprises qui ont mené au déploiement de professionnels de prévention sur le terrain : des centaines pour le service «Crise-ados-famille-enfance» et 600 autres pour l’initiative «Agir tôt».

Comme l’a souligné Mme Laurent, la DPJ ne doit pas être «un service de première ligne», a-t-on rappelé lors de la conférence de presse.

Interrogé à savoir s’il entend aussi engager plus d’intervenantes directement à la DPJ, il souligne qu’il souhaite d’abord pourvoir les postes déjà affichés, tout en reconnaissant qu’il est difficile de recruter et que les travailleuses déjà embauchées démissionnent, car elles trouvent de meilleurs emplois ailleurs, où la pression est moindre. Il faut valoriser ce type d’emploi pour retenir les travailleuses, insiste-t-il.

Dans ce but, il a rappelé que Québec a déboursé 18 millions $ pour mieux encadrer ces jeunes professionnelles qui se joignent à la DPJ et 47 millions $ pour embaucher du personnel pour réduire les listes d’attente, entre autres récents investissements.

Ayant déjà ajouté des renforts, il demande ainsi d’attendre que les «pions tombent en place», avant d’évaluer si d’autres sont nécessaires.

Miser sur la prévention peut donner des résultats rapidement, estime-t-il. Actuellement, s’il y a un problème, c’est la DPJ qui reçoit un coup de fil alors qu’il souhaite que les services de première ligne soient contactés en priorité.

«La bienveillance envers les enfants, c’est un projet de société», a-t-il conclu.