Rapport: des familles de personnes mortes en détention sont mal informées

L'Enquêteur correctionnel du Canada soupçonne les dirigeants de pénitenciers fédéraux de censurer les rapports d'enquête sur des décès survenus en détention avant qu'ils ne soient remis aux familles de ces détenus.
Howard Sapers avait déjà dévoilé la semaine dernière une partie des conclusions préliminaires du Bureau de l'enquêteur correctionnel lors d'une allocution prononcée à la conférence de la Société internationale pour une réforme du droit pénal, à Halifax.
Le rapport publié mardi intitulé «Laissés dans le noir» contient des comparaisons entre des documents non-censurés transmis par les Services correctionnels du Canada et les versions modifiées remises à huit familles de personnes mortes en détention.
Le Bureau de l'enquêteur correctionnel rapporte que l'actuelle culture ne laisse que peu de place à l'examen public des dossiers.
La recherche ayant permis la rédaction du rapport a été faite en 2015 et cette année après que des familles de détenus décédés aient fait part à Howard Sapers des difficultés qu'elles avaient éprouvé pour obtenir des informations sur les circonstances et causes des décès.
Parmi les décès étudiés figuraient quatre suicides, trois par causes naturelles et un par blessures corporelles graves. Une famille a retiré sa requête en cours d'examen par le Bureau de l'enquêteur correctionnel.
En 2015-2016, 65 détenus sont morts dans des établissements correctionnels fédéraux, dont 39 de causes naturelles, neuf par suicide, cinq par surdose et huit de causes indéterminées.
Howard Sapers a rappelé la semaine dernière que le gouvernement du Canada avait promis en 2013 d'être ouvert à ce sujet. Il a ajouté que les lois prévoient déjà que des documents peuvent être publiés ou dévoilés à la famille si l'intérêt public général le commande.