La plateforme moozoom a été testée dans environ 50 classes de la province avant que les écoles ne soient fermées. La réaction des enfants était très positive selon une des enseignantes qui l’a utilisée.
La plateforme moozoom a été testée dans environ 50 classes de la province avant que les écoles ne soient fermées. La réaction des enfants était très positive selon une des enseignantes qui l’a utilisée.

Ralliement des élèves pour un dénouement heureux

Mélanie Noël
Mélanie Noël
La Tribune
Avant son lancement le 16 mars, le projet pilote a été testé dans une cinquantaine de classes. Carolle Cyr est une des enseignantes qui a pu utiliser moozoom avec ses élèves avant la fermeture des écoles.

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«J’ai pu constater que moozoom est un outil pédagogique qui aide réellement à développer les habiletés sociales et émotionnelles chez les élèves. La présentation des différentes scènes amène chaque élève à réfléchir sur ses choix et ainsi modifier ses approches pour régler un conflit», raconte la professeure à l’école Lafontaine à Saint-Hyacinthe.

«Lors du visionnement, la réaction des élèves était très positive. Ils participaient aux questionnements et arrivaient à s’identifier à une ou plusieurs situations présentées. Ce que je trouve intéressant, c’est qu’après avoir visionné toutes les possibilités, l’ensemble des élèves se ralliait au dénouement final, c’est-à-dire être capable de s’expliquer pour résoudre un problème», ajoute l’enseignante qui a pris l’initiative d’inscrire ses élèves sur le site moozoom.

«Je me suis aussi imprimé le guide d’utilisation, ce qui m’a permis d’apprécier la démarche d’accompagnement», note Mme Cyr. 

Accès gratuit pour tous jusqu’en juin

«Toutes les familles du Québec pourront utiliser moozoom à la maison gratuitement jusqu’au 23 juin 2020. On a pris cette décision compte tenu de la pandémie et de la fermeture des écoles», souligne le fondateur de la plateforme numérique, Jean-Philippe Turgeon.

Près de 1000 inscriptions ont été enregistrées depuis le lancement.

«On a reçu de nombreux commentaires positifs de parents, d’enseignants et de psychologues», assure M. Turgeon.

Le nouveau contenu de la plateforme sera disponible avec abonnement en septembre et tous les enseignants du Québec et leurs élèves respectifs auront l’opportunité d’essayer la plateforme gratuitement pour 21 jours. Pour poursuivre l’utilisation au-delà de 21 jours, l’école devra se procurer un abonnement annuel qui sera valide à compter de l’inscription et jusqu’au 31 juillet 2021. Le coût variera entre 4,25$ et 7,50$ par élève + un frais de base de 400$, selon le nombre d’élèves dans l’école.

«Nous comptons implanter moozoom dans 150 écoles en 2020, 480 écoles en 2021 et dans 645 écoles en 2022», souligne M.Turgeon, précisant qu’il existe plus de 1500 écoles primaires francophones au Québec et 500 écoles francophones dans le reste du Canada.

Le site est en ligne sur www.moozoom.ca.

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Répondre à un besoin criant

« Il y avait un besoin criant pour un outil qui s’adresse aux enfants de cette tranche d’âge, c’est-à-dire les 6 à 12 ans. Il y a beaucoup d’efforts qui sont mis sur les enfants de 0 à 5 ans. Dans les CPE, il y a des programmes qui existent pour développer les habiletés de gestion et de régulation des émotions, mais pour les enfants du primaire, il n’y avait rien. Ce n’est donc pas une chose qui était travaillée. Et c’est la base de l’équilibre psychologique», note Geneviève Pelletier, psychologue en santé mentale pour les jeunes et responsable du développement scientifique de moozoom.

«On ne naît pas en sachant gérer nos émotions. C’est quelque chose qu’on doit apprendre et c’est grâce à cet apprentissage qu’on préviendra le développement de certains troubles de santé mentale comme le trouble anxieux ou le trouble de personnalité. Souvent ce qu’on travaille avec les jeunes en thérapie, c’est ce qui a manqué et c’est la gestion des émotions et l’estime de soi. J’étais très heureuse qu’un projet comme moozoom soit mis sur pied», ajoute celle qui est aussi auteure de livres sur l’intelligence émotionnelle.

Le lancement de moozoom en temps de pandémie est un mal pour un bien, croit la psychologue. «Les professeurs ne peuvent pas l’utiliser en ce moment, mais les parents oui. Je l’ai fait avec mes deux filles de 6 et 9 ans et j’ai été impressionnée de la rapidité des changements de comportement», raconte-t-elle.

«Après seulement une journée, ma fille de 9 ans me racontait qu’au lieu de claquer la porte, elle avait discuté avec sa petite sœur. Et elle voulait réécouter le premier épisode. C’est un outil très accrocheur. Les enfants n’ont pas l’impression de travailler sur leurs émotions, ils ont plutôt le sentiment d’avoir un privilège de voir des comédiens connus qui sont drôles», souligne Mme Pelletier, ajoutant que la gestion des émotions est d’autant plus importante en temps de crise comme la pandémie qui peut amener de la peur, de l’isolement et de l’anxiété.