Responsable de l’Estrie pour Aministie internationale, Mireille Elchacar espère que les Sherbrookois seront à nouveau au rendez-vous vendredi.
Responsable de l’Estrie pour Aministie internationale, Mireille Elchacar espère que les Sherbrookois seront à nouveau au rendez-vous vendredi.

Raif Badawi transféré à l'hôpital

Un mois après avoir entamé une grève de la faim, le prisonnier d’opinion Raif Badawi a été transféré à l’hôpital en raison de la détérioration de son état de santé, selon Amnistie internationale.

« C’est assez préoccupant. Son épouse [Ensaf Haidar] ne lui a pas parlé depuis plusieurs jours et la dernière fois qu’elle lui a parlé, elle a senti qu’il était très affaibli. Ça fait déjà longtemps qu’il est en grève de la faim et qu’il n’arrive pas à avoir de soins », explique la responsable de l’Estrie pour Amnistie internationale Mireille Elchacar.

Selon les informations obtenues « de source sûre » par l’organisme, l’avocat de Raif Badawi, Waleed Abu al-Khair, qui est emprisonné et qui faisait aussi la grève de la faim, a également été transféré à l’hôpital.

En réaction, l’organisation de défense des droits de l’homme lance vendredi une Journée internationale d’action pour Raif Badawi et Waleed Abu al-Khair, qui se matérialisera par des vigiles et des manifestations à Sherbrooke, bien sûr, mais aussi à Montréal, Londres, Berlin et Vienne, annonce-t-on dans un communiqué.

« Comme on tient une vigile à Sherbrooke depuis plusieurs années, on ne va pas avoir une vigile qui sera différente, précise Mme Elchacar. Ce sera comme d’habitude à 12 h 30 devant l’hôtel de ville et on va inviter la population à venir donner son soutien comme d’habitude. Mais comme il y a une nouveauté dans le dossier, Montréal et plusieurs autres villes autour du monde vont aussi offrir leur soutien à la famille de Raif. »

À Montréal, la vigile aura lieu à la Maison du développement durable, de 12 h 15 à 12 h 45.

Selon Mireille Elchacar, plusieurs sections d’Amnistie internationale pourraient joindre le mouvement, dont en Allemagne où ils sont très actifs en faveur de Raif, dit-elle.

« On est content que le soutien soit toujours aussi actif, malgré les années qui passent, mais quand on met ça en parallèle avec le fait que l’Arabie saoudite va devenir l’hôte du G20, ça dépasse l’entendement », commente-t-elle.

« C’est inquiétant »

Raif Badawi et son avocat avaient entamé une grève de la faim en décembre pour protester contre leur mise en isolement et les mauvais traitements dont ils sont victimes à la prison de Dhahban, près de Djeddah en Arabie saoudite. 

« C’est inquiétant et un mois c’est énorme, surtout que ça fait déjà sept ans qu’il est incarcéré alors à la base, ce n’est pas un homme en pleine forme et en santé qui s’inflige ça. Évidemment, pour son moral, c’est aussi extrêmement préoccupant. Ça fait des années qu’Ensaf nous dit que son moral est au plus bas. »

« Une autre chose qui nous préoccupe, continue Mme Elchacar, c’est qu’il y a quelques jours, on a appris qu’une prisonnière d’opinion avait demandé à voir un médecin parce qu’elle avait des problèmes de santé et on a l’impression qu’il y a eu une espèce de campagne pour la briser psychologiquement parce qu’on lui aurait envoyé un médecin qui ne parle par arabe, donc elle n’a pas réussi à obtenir de soins. On a l’impression que ça fait partie d’une stratégie des autorités carcérales pour miner le moral des prisonniers d’opinions. »

Mireille Elchacar espère que les Sherbrookois seront à nouveau au rendez-vous vendredi. « C’est important en tant que soutien pour Ensaf, assure-t-elle. Toutes les sortes d’action sont importantes, mais les vigiles offrent un soutien très proche pour la famille de Raif. C’est très important. »

Rappelons qu’il y a eu cinq ans le 9 janvier dernier, Raif Badawi, dont la famille vit à Sherbrooke, recevait les 50 premiers coups de fouet sur les 1000 auxquels il a été condamné, en plus de 10 ans de prison. Depuis 2012, il est emprisonné pour avoir fait usage de sa liberté d’expression via son blogue. Son avocat a quant à lui été arrêté en 2014 et condamné à 15 ans de prison pour avoir défendu pacifiquement les droits humains.