Denis Coderre

Raif Badawi: Ottawa peut faire plus, selon le maire Coderre

De nouvelles voix s'élèvent pour la libération du blogueur Raif Badawi: c'est maintenant au tour des élus montréalais de demander à Ottawa d'intervenir pour la libération du blogueur saoudien Raif Badawi. Le maire de Montréal Denis Coderre demande au premier ministre du Canada Stephen Harper d'intervenir auprès de ses homologues saoudiens pour qu'ils relâchent le blogueur.
<p>Ensaf Haidar</p>
Le maire Denis Coderre, un ancien ministre de l'Immigration, estime que le gouvernement fédéral pourrait délivrer un permis ministériel pour des raisons humanitaires et ainsi permettre à M. Badawi de rejoindre les siens, au Canada.
La résolution a été adoptée à l'unanimité, lundi après-midi. La conjointe de Raif Badawi, Ensaf Haidar, était sur place. Elle est accompagnée de la directrice d'Amnistie internationale Canada francophone, Béatrice Vaugrante.
« Nous avons tous été interpellés par la situation tragique de Raif Badawi. Il est inadmissible que l'on inflige un traitement si inhumain pour avoir simplement exprimé ses opinions. Dans la foulée de la vive réaction des Montréalais lors de la tragédie de Charlie Hebdo en faveur de la liberté de presse, il est important que le conseil municipal donne un signal fort », a fait valoir le maire de Montréal.
Emprisonné depuis 2012 en Arabie saoudite, Raif Badawi a été condamné à 10 ans de prison, près de 300 000 $ d'amendes et 1000 coups de fouet, qui doivent être administrés par tranche de 50. Raif Badawi a été flagellé pour la première fois le 9 janvier dernier; les séances de torture ont été reportées depuis. Son épouse et ses trois enfants sont maintenant installés à Sherbrooke. Ensaf Haidar doit recevoir mardi, par vidéo, le Prix du Courage du Sommet de Genève que doit recevoir son mari, également en lice pour le Prix Nobel de la paix.
Déclaration
La déclaration a été déposée par M. Coderre, avec l'appui du chef de Coalition Montréal, Benoît Dorais. La déclaration demande au gouvernement d'intercéder auprès des autorités saoudiennes afin de libérer Raif Badawi et lui permettre de retrouver sa famille au Canada. Elle condamne également la flagellation du blogueur emprisonné depuis 2012.
En visite à Victoriaville récemment, le premier ministre Harper avait dénoncé la peine infligée au père de famille... tout en faisant valoir que le fait que Raif Badawi ne détienne pas la citoyenneté canadienne limite sa possibilité d'agir dans cette affaire.
Vendredi dernier, pour une sixième semaine consécutive, les autorités saoudiennes ont reporté la séance de flagellation publique que devait subir le blogueur.
-Avec la Presse canadienne