Miguel Angel Pereira Sosa, plongeur, Matthew Peros, professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada en changements climatiques et environnementaux, et Joao Gabriel Martinez Lopez ont collaboré au même projet de recherche, qui a permis de créer l’exposition Paléomission : à la recherche du paresseux préhistorique. — PHOTO

Qu’est devenu le paresseux des Caraïbes?

SHERBROOKE — Les visiteurs du Musée de la nature et des sciences de Sherbrooke pourront découvrir toute la richesse des fonds marins cubains en découvrant l’exposition « Paléomission : à la recherche du paresseux préhistorique ». Ils pourront découvrir que ceux-ci pourraient nous offrir des pistes de réponse sur l’extinction des mammifères dans les Caraïbes il y a plus de 4000 ans, mais aussi sur les changements climatiques.

Un des grands mystères paléontologiques est la disparition de la mégafaune à la fin de la plus récente période glaciaire, apprend-on en parcourant l’exposition, un projet créé par l’Université Bishop’s et le Musée cubain d’histoire naturelle.

Or, les restes d’animaux disparus retrouvés dans la Cueva Margarita, une grotte située à l’ouest de Cuba, pourraient bien offrir des pistes de réponses. Les grottes submergées peuvent donner d’intéressants indices aux chercheurs.

Les plongeurs et chercheurs ont notamment retrouvé des fossiles de paresseux qui sont disparus, souligne Matthew Peros, professeur et titulaire de la Chaire de recherche du Canada (CRC) en changements climatiques et environnementaux.

Origine de l’extinction?

Les chercheurs tentent de comprendre si l’extinction qui est survenue est liée aux changements climatiques ou encore l’impact des humains.

Dans les continents américains, une importante extinction est survenue il y a 10 000 ou 12 000 ans. Dans les Caraïbes, cette extinction est plutôt survenue il y a 4000 ou 5000 ans, et les chercheurs veulent en savoir davantage sur cette particularité.

« Dans les grottes sous-marines, il y a beaucoup de fossiles, d’échantillons archéologiques et des évidences qui sont très intéressantes sur les changements climatiques au passé, par exemple les sédiments, les stalagmites, etc. Pour nous, c’est une opportunité d’étudier les interactions entre les animaux au passé, les changements climatiques au passé, les humains préhistoriques et de mieux connaître quels sont les impacts que les humains et les changements climatiques avaient sur leur environnement. On trouve que c’est très important aujourd’hui, car on vit dans une période où il y a les impacts des humains, les changements climatiques... D’avoir une perspective historique sur cet enjeu-là, c’est très important pour nous. »

Les artisans de l’exposition aimeraient pouvoir présenter cette exposition à La Havane en 2019, et peut-être ailleurs au Québec et au Canada.

L’exposition s’avère une opportunité de présenter le travail des équipes de recherche, mais aussi de donner aux gens une idée de la diversité de la vie, souligne M. Perros. Elle s’inscrit dans l’objectif du Musée de transmettre son savoir et son expertise, souligne Joao Gabriel Martinez Lopez, codirecteur du projet et paléontologue. M. Lopez était l’un des membres de la délégation cubaine qui s’était déplacée pour l’installation de l’exposition, qui a officiellement été inaugurée jeudi. Elle se déroule jusqu’au 7 janvier.