Évelyne Beaudin
Évelyne Beaudin

Quel mordant pour le plan des milieux humides?

Jonathan Custeau
Jonathan Custeau
La Tribune
Le plan des milieux humides permettra-t-il réellement à la Ville d’intervenir avec plus de mordant face aux projets déposés par des promoteurs? C’est la question qu’a posée Évelyne Beaudin, alors que son collègue Marc Denault cherchait à savoir si le montant pour la compensation en argent à la suite de la destruction d’un milieu humide était suffisant.

« On attendait ce plan depuis le début du mandat. Qu’est-ce que ce plan aurait pu nous donner comme outil supplémentaire dans un projet comme celui du chemin Rhéaume ou du Carré Belvédère? » a interrogé Évelyne Beaudin.

« Le plan nous amènera à prendre des décisions d’ensemble plutôt qu’à la pièce. L’idée est d’avoir une vision unifiée du territoire pour la protection des milieux naturels » a répondu Ingrid Dubuc, directrice du Bureau de l’environnement.

« Aurons-nous plus de mordant? Est-ce que ce sera juste une vision qu’on va mettre sur une tablette? En quoi ce plan nous aidera à appliquer notre vision? » a renchéri Mme Beaudin.

Ingrid Dubuc a répondu que les élus pourront se donner les outils qu’ils veulent avoir. « Quand nous en serons à élaborer les stratégies, c’est là qu’on décidera quels outils nous nous donnons et quel mordant nous décidons d’avoir. Le travail n’est pas encore fait, donc il est impossible de vous les nommer à ce moment-ci. » Le président du comité consultatif d’urbanisme, Vincent Boutin, admet que la façon de développer la ville changera. « Parallèlement, nous entamerons la démarche de planification pour le prochain schéma d’aménagement. Ça pourra se greffer au schéma pour décider où nous voulons aller. Nous pourrons être beaucoup plus audacieux dans la façon dont nous développerons la Ville. »

Marc Denault, lui, trouve bien maigre la compensation de 45 $/m2 de milieu humide détruit. Ce montant est établi par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques pour chaque municipalité. « Lors de l’analyse que vous ferez, on pourrait voir si c’est un montant qu’un promoteur ambitieux décidera de payer pour détruire un milieu humide. Dans certains cas, nous ne sommes pas très loin de la valeur marchande. »

Chantal L’Espérance, elle, considère que l’élaboration du plan consolide la cible de protection de 12 % du territoire. « Si on peut avoir une cible encore plus ambitieuse et avoir un plan d’action pour protéger ces milieux, tant mieux. »

Nicole Bergeron a salué la collaboration du comité de l’environnement, du comité consultatif d’urbanisme et du comité consultatif agricole dans la démarche. « Ça vient renchérir sur cette nouvelle ville qui a 1/3 en milieu rural, 1/3 en milieu urbain et 1/3 en milieu agricole. C’est une autre pièce du puzzle qu’on s’apprête à travailler ensemble avec toutes les responsabilités partagées que nous avons. »

Dans un communiqué, le préfet de la MRC des Sources et président de la Table des MRC de l’Estrie, Hugues Grimard, a pour sa part fait valoir que « cette démarche régionale témoigne que l’ensemble des territoires de l’Estrie souhaitent se mobiliser pour assurer la pérennité et la mise en valeur de nos milieux humides et hydriques d’exception ».

En fin de séance de travail publique, la conseillère Évelyne Beaudin a par ailleurs souligné son inconfort alors que la présidente, Nicole Bergeron, avait annoncé qu’il n’y aurait pas de questions des élus sur le sujet. Ceux-ci avaient pu poser leurs questions lors d’une séance à huis clos.

« C’est particulier qu’on ne puisse pas poser des questions. L’intérêt d’avoir un plénier public, c’est aussi de pouvoir avoir un débat public », a plaidé Mme Beaudin. Annie Godbout abondait dans le même sens, plaidant que la présentation aurait dû se faire d’emblée en public, et non en privé.

Les élus ont finalement convenu de procéder avec les questions et les commentaires.