Quatre employés d'un CHSLD suspendus

Le syndicat de préposées aux bénéficiaires d'un centre d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Victoriaville s'insurge contre une décision de la direction concernant un dossier de changement de la culotte d'incontinence d'une patiente.
Claude Audy
Quatre employés du CHSLD du Chêne de Victoriaville sont forcés de rester à la maison après avoir contraint une dame à mettre une culotte d'incontinence. La patiente est atteinte de troubles cognitifs sévères.
Ces préposées aux bénéficiaires ont été suspendues pour une période de dix jours pour un motif de maltraitance, déplore Claude Audy, vice-président régional de la Fédération de la santé et des services sociaux de la CSN.
« Ce sont des employés sans dossier (disciplinaire) qui se retrouvent maintenant suspendus pour maltraitance. Ça n'a aucun sens », dit-il.
« Il n'est aucunement question de maltraitance dans ce cas. Les préposées ont seulement voulu aider une dame qui a des troubles cognitifs à mettre une culotte d'incontinence. Tout a été fait de façon correcte. »
Les quatre employés auraient tenté d'enfiler une culotte d'incontinence à la dame alors qu'elle refusait. L'une des préposées venait de lui retirer une culotte souillée à la toilette.
Les faits reprochés se seraient déroulés au début d'août.
L'employeur a utilisé des mesures excessives et inacceptables, soutient M. Audy. Il y a eu une petite faute, car ça eu lieu dans un corridor, mais la suspension de dix jours est exagérée, juge-t-il.
La suspension des quatre employés est effective depuis le 25 août.
Une rencontre a eu lieu lundi après-midi entre le syndicat et l'employeur. On n'a pas réussi à en arriver à une entente, constate Claude Auby. « Les patrons ont dit qu'ils allaient réfléchir à notre proposition, ajoute-t-il. On ne sait pas quand ils vont nous revenir. »
« Ils ont évoqué un protocole dans ce genre de cas. Personne n'a le temps de prendre connaissance de ce protocole. Nous on pense qu'on doit mettre la couche aux personnes même si elles disent non. »
Le climat de travail n'est pas idéal depuis l'annonce de ces suspensions. « C'est un milieu pas facile. Les patients ont des troubles cognitifs. »
« Nos membres sont nerveux. Ils ne savent pas à quoi s'attendre. »