Quatre candidats indépendants aux élections municipales, Pascal Cyr (district de Desranleau), Pierre Avard (district du Pin-Solitaire), Paul Gingues (district de l’Université) et Pierre Tremblay, (district de Deauville), ont mis en garde les électeurs sherbrookois face à l’élection du Renouveau sherbrookois.

Quatre candidats craignent que les projets de Sévigny gonflent le compte de taxes

Parce qu’ils sont convaincus que d’élire le Renouveau Sherbrookois équivaut à signer un chèque en blanc et parce qu’ils croient en l’importance du droit de parole, quatre candidats indépendants aux élections municipales se sont réunis, mardi, pour mettre en garde les citoyens de Sherbrooke.

« Ce qui nous réunit aujourd’hui, c’est notre très grande préoccupation entourant la valse des millions d’annonces qui ont été faites dans les derniers jours par Bernard Sévigny et son équipe de candidats. Nous sommes plus particulièrement inquiets de l’effet que pourraient avoir toutes ces dépenses sur le compte de taxes des contribuables sherbrookois », a déclaré le candidat du district du Pin-Solitaire, Pierre Avard, qui était accompagné pour l’occasion de Paul Gingues, candidat dans le district de l’Université, Pierre Tremblay, candidat dans le district de Deauville, et Pascal Cyr, candidat dans le district de Desranleau.

« D’ailleurs, les élections sont en train de prendre les allures d’un référendum sur la pertinence d’investir ces sommes colossales au niveau des fonds publics. Les Sherbrookois ont-ils vraiment les moyens de financer autant de projets en si peu de temps ? Ce qui rend la situation encore plus inquiétante, c’est que des millions d’investissements ne sont soutenus par aucun plan d’affaires. Pire, Bernard Sévigny est incapable de chiffrer quelle part les contribuables auront à assumer », a soutenu M. Avard.

Les quatre candidats indépendants ont aussi fait part de leurs inquiétudes en ce qui a trait au droit de parole.

« J’étais à l’Hôtel de Ville pendant les quatre dernières années et j’ai vu ce que c’est une ligne de parti. Par exemple, sur les 110 résolutions qui ont fait l’objet d’un vote au cours du dernier mandat du maire, la candidate du Renouveau sherbrookois de mon district, Mme Berthold, s’est opposée à seulement quatre reprises. Et ce n’était sûrement pas en raison des hausses de taxes ou des projets pharaoniques du maire. Donc élire des candidats du Renouveau sherbrookois, c’est donner au maire la permission de dépenser », a pour sa part exprimé Pascal Cyr, ajoutant que les conseillers s’étant le plus souvent opposés au cours de ce mandat étaient les candidats indépendants, notamment Hélène Dauphinais, Jean-François Rouleau et Annie Godbout.

« Des millions » à investir

Pierre Tremblay quant à lui expliqué avoir été « estomaqué » lorsqu’il a lu la semaine dernière dans La Tribune que le maire Sévigny comptait investir « des millions », sans pouvoir chiffrer la participation de la Ville, dans le projet du consortium formé pour construire un village vertical, un parc et le stationnement à étages de Well inc.

« Le maire affirme qu’apprécier un projet comme ça, qui représente des millions de fonds publics, ça ne prend pas trois mois et que si on veut être conseiller municipal, c’est parce qu’on a la capacité d’analyser des dossiers. Comment un maire peut-il dire une telle chose ? C’est une insulte à mon intelligence et à tous les citoyens », a mentionné Pierre Tremblay, ajoutant d’emblée que sur le terrain, les citoyens lui expriment leur « ras-le-bol des augmentations de taxes ».

Même son de cloche de la part du candidat Paul Gingues. « Je réalise que l’investissement prévu pour un stationnement sur la Well Sud est beaucoup plus élevé que le total des investissements annuels pour la réfection de nos rues et ce pour tout le territoire de Sherbrooke. Il y a de quoi s’interroger sur les priorités », estime-t-il, précisant qu’il est de ceux qui croient que la rigueur administrative est primordiale.

« Notre message est le suivant, résume le candidat du district du Pin Solitaire : avec les quatre dernières années à l’appui, voter pour le Renouveau sherbrookois est la garantie d’obtenir une augmentation de taxes bien au-dessus de l’indice des prix à la consommation pour les quatre prochaines années. Les électeurs doivent en être conscients. »

Décisions « par consensus »

De son côté, le maire de Sherbrooke ne croit pas qu’il y ait un enjeu concernant le droit de parole.

« La façon dont le conseil municipal prend des décisions, c’est par consensus. Et là, le consensus, ça inclut les membres du Renouveau sherbrookois comme les élus indépendants. Il n’y a pas de débats idéologiques en politique municipale. On gère des parcs, des limites de vitesse, de l’asphalte. Certains s’opposent parfois à un projet et, tout dépendant du dossier, il se peut que ce soit un membre du parti ou un indépendant. Sinon, il n’y a pas de ligne de parti, sauf quand il s’agit d’un engagement qu’on a pris pendant la campagne électorale. C’était 18 engagements en 2013 et là, on en a 15 », explique Bernard Sévigny.