Après de multiples tentatives pour repousser son dossier, le fraudeur, manipulateur et agresseur sexuel Alain Leclerc a finalement été condamné à 48 mois de détention, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Quatre ans pour le fraudeur et agresseur Alain Leclerc

Malgré ses multiples tentatives pour repousser son dossier, le fraudeur, manipulateur et agresseur sexuel Alain Leclerc a finalement été condamné à 48 mois de détention, vendredi, au palais de justice de Sherbrooke.

Cette sentence ordonnée par la juge Hélène Fabi de la Cour du Québec correspond en tout point à celle demandée par la Couronne pour les chefs d’accusation d’agression sexuelle, de profération de menaces et de deux fraudes dépassant 5000 $ dont l’Asbestrien a été reconnu coupable. 

Alain Leclerc, représenté par Me Benoît Gagnon, devra toutefois encore répondre de ses bris d’engagement et d’un vol dépassant 5000 $ lors de la prochaine audience fixée le 20 août. 

« Je peux vous assurer que le reste du processus se terminera à cette date », mentionne la procureure de la Couronne, Me Isabelle Dorion, soulignant que l’accusé a été « l’artisan d’un très long processus judiciaire ».

Pour fixer les peines, la Cour a divisé les chefs d’accusation de Leclerc en deux trames factuelles, explique Me Dorion. 

« Le Tribunal a décidé que pour la première partie de l’infraction impliquant la victime Pascale Pellerin, c’est 24 mois de détention au total qu’il devra purger. Consécutivement, pour l’autre partie des victimes, il écope d’un autre 24 mois consécutifs de détention. C’est une peine dissuasive qui prend en considération le fait que le risque de récidives était toujours présent », commente-t-elle.  

Pas de crédit majoré

Seuls les 8 mois et trois semaines déjà purgés par Leclerc seront retranchés de sa sentence, contrairement au crédit habituellement donné de 1,5 jour par journée de détention préventive.  

« Le Tribunal a statué qu’il n’allait pas avoir de crédit majoré pour la détention préventive, vu le comportement de l’accusé, qui est parti en cavale et qui a fait lui-même en sorte qu’il demeurait incarcéré », note Me Dorion. 

Leclerc devra également être inscrit au registre des délinquants sexuels pour les 20 prochaines années et se voit interdire la possession d’armes pour 10 ans. 

Dossier garni

Rappelons que Leclerc a fraudé Pascale Pellerin d’Asbestos pour un montant de plus de 9500 $ en plus de l’agresser sexuellement.

Leclerc avait échafaudé un scénario de peur où il lui a fait croire que des gens voulaient s’en prendre à elle, à sa nièce et à d’anciens conjoints. L’accusé avait accumulé plusieurs détails de la vie de la victime sur Facebook pour s’en servir contre elle.

En novembre 2016, Alain Leclerc a poussé les manigances jusqu’à inventer une affaire d’obsédé sexuel qui voulait s’en prendre à elle.

Le criminel a aussi été reconnu coupable d’avoir menacé une mère et son fils dans une histoire de menaces inventées pour soutirer de l’argent.

Dans un troisième dossier, il a été reconnu coupable de fraude de plus de 5000 $ entre octobre 2015 et mai 2016. Il avait fait miroiter à une connaissance qu’il allait lui construire un patio, mais s’est enfui avec l’argent.

Constamment en cavale, Leclerc ne s’était pas présenté pour la confection du rapport sexologique et du rapport présentenciel à l’été puis à l’automne 2018. Allongeant d’autant plus le processus, il a demandé plusieurs fois le report des observations sur la peine pour les gestes dont il a été reconnu coupable il y a un peu plus d’un an, et a changé d’avocat à quelques reprises. AVEC RENÉ-CHARLES QUIRION