Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Yves Dumont doit obligatoirement faire une quarantaine de 14 jours dans un centre avant de pouvoir aller en CHSLD. Sa conjointe s’occupe de lui depuis plusieurs années.
Yves Dumont doit obligatoirement faire une quarantaine de 14 jours dans un centre avant de pouvoir aller en CHSLD. Sa conjointe s’occupe de lui depuis plusieurs années.

Quarantaine obligatoire: une famille craint pour son père

Simon Roberge
Simon Roberge
La Tribune
Article réservé aux abonnés
SHERBROOKE — Yves Dumont est atteint d’alzheimer depuis une dizaine d’années. Son état s’est fortement détérioré dernièrement et il a obtenu une place au CHSLD Vigi Shermont. Or, pour y être admis, il doit obligatoirement effectuer une quarantaine de 14 jours au site non traditionnel sur la rue Bowen à Sherbrooke, ce que la famille trouve illogique et dangereux.

Isabelle Dumont estime que son père a beaucoup plus de chance d’attraper la COVID dans le centre sur Bowen qu’à la maison.

« Ils sont dans une bulle ensemble et il n’y a personne qui rentrait dans la maison parce qu’on savait que papa devrait aller en CHSLD », explique-t-elle.

De plus, le site non traditionnel Bowen est toujours considéré comme en éclosion alors qu’il y a eu cinq décès dans les dernières semaines. Plus de 60 employés et usagers ont d’ailleurs contracté la COVID durant cette éclosion. Rappelons aussi que Marcel Laforte, atteint de démence à corps de Lewy, est décédé la semaine dernière des suites de la COVID-19 après avoir contracté le virus au cours d’une quarantaine conditionnelle à l’obtention d’une place en ressource intermédiaire.

Cette éclosion au centre Bowen empêche M. Dumont de commencer son isolement et la situation familiale chez les Dumont s’est détériorée dans la dernière semaine.

« Ça fait six ans que ma mère s’en occupe à la maison, explique Isabelle Dumont qui espère que son père soit placé le plus rapidement possible. Dans les deux dernières années il a tout perdu il n’est plus capable de manger ou de marcher. Ma mère n’est plus capable et c’est trop lourd. Un matin elle a même dû appeler la police parce qu’il était agressif. »


« Il y a plein de personnes qui remplissent des lits d’hôpitaux pour rien. »
Isabelle Dumont

M. Dumont est hospitalisé en ce moment à l’Hôtel-Dieu. 

« Il a passé des tests et tout est beau, mais ma mère doit aller le faire manger et l’aider à aller aux toilettes parce qu’ils n’ont pas le temps, déplore Mme Dumont. Elle n’a plus l’énergie. »

Isabelle Dumont se demande pourquoi son père ne pourrait pas faire sa quarantaine à l’hôpital.

« Il y a plein de personnes qui remplissent des lits d’hôpitaux pour rien », résume-t-elle

Problèmes cognitifs

Les autorités sanitaires expliquent qu’on peut admettre quelqu’un en CHSLD directement à condition que la personne soit en mesure de respecter un isolement de 14 jours dans sa chambre. Ce n’est toutefois pas possible pour tous et notamment pour M. Dumont.

« Certaines personnes qui ont des problèmes cognitifs par exemple et qui ne sont pas capables faire cet isolement dans leur chambre, on procède à leur transfert au SNT Bowen », souligne Nancy Desautels, coordonnatrice régionale de la mission Santé en sécurité civile du réseau de la santé et des services sociaux de l’Estrie.

Le test n’est non plus pas une preuve assez forte de l’absence du virus selon la santé publique.

« Un test ce n’est qu’une photo polaroid d’un moment donné, explique Dr Alain Poirier, le directeur de santé publique de l’Estrie. Ça ne veut pas dire que le virus n’apparaîtra pas le lendemain ou le surlendemain. Le test pour plusieurs c’est LA protection, mais ce n’est pas vrai. La meilleure protection c’est l’isolement en attendant le vaccin. »