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Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire
Marie-Claude Bibeau, députée de Compton-Stanstead et ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

Quand les femmes s’appellent et déjeunent

Sabrina Lavoie
Sabrina Lavoie
La Tribune
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Dans le cadre de la Journée internationale des droits des femmes qui se tenait lundi dernier, l’organisme Actions interculturelles a réuni plusieurs femmes en vue de discuter de leur place dans la société. Quel progrès avons-nous réalisé? Que reste-t-il à faire?

Près d’une centaine de femmes se sont rassemblées jeudi matin le temps d’un déjeuner-conférence virtuel. Pour l’occasion, la députée libérale Marie-Claude Bibeau, la politicienne Louise Harel, la mairesse de Magog Vicki-May Hamm et l’écrivaine Kim Thùy ont partagé leurs réflexions quant à l’équité entre les hommes et les femmes en date d’aujourd’hui.

Jacqueline Belleau, directrice régionale de l’organisme Actions interculturelles pour l’Estrie et le Québec, s’est empressée de mettre la table à titre d’animatrice.

« Nous trouvions important de créer cet espace de dialogue avec quatre femmes d’exception qui contribuent à l’avancement des femmes dans notre pays et qui ont, chacune à leur façon, brisé le plafond de béton », a-t-elle lancé.

Ainsi, les quatre invitées ont répondu à diverses questions en lien avec les milieux de travail traditionnellement masculin, le droit à l’équité salariale, le leadership interculturel ainsi que l’égalité hommes-femmes à l’international.

La première femme à avoir occupé le poste de Présidente de l’Assemblée nationale du Québec, Louise Harel, avait beaucoup à dire sur le sujet. Bien qu’un « grand pas » ait été fait depuis l’instauration de la loi sur l’équité salariale qu’elle a léguée en 1996, elle est d’avis que beaucoup de chemin reste à faire en termes d’équité dans notre société.

« À travail égal, salaire égal », rappelle l’avocate et politicienne associée au mouvement péquiste.

« Cela signifie de reconsidérer à sa juste valeur le travail des femmes qui historiquement ont été déconsidérées dans la rémunération. C’était la première fois, il y a 25 ans, qu’on abordait la question de la discrimination systémique. Cette reconnaissance devrait par ailleurs être retenue en exemple dans le débat entourant le racisme systémique. »

« La loi sur l’équité doit constamment être révisée. Il faut que chaque génération porte le flambeau », a-t-elle indiqué. Mme Harel espère notamment une réforme du Code civil en droit de la famille afin que les conjoints de fait soient reconnus au même titre qu’un couple marié.

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire et instigatrice de la Politique d’aide internationale féministe du Canada, Marie-Claude Bibeau, a par ailleurs tenu à la remercier, elle, ainsi que toutes les autres femmes ayant contribué à l’avancement de la cause des femmes.

« Je n’ai jamais eu l’impression de ne pas être à ma place parce que je suis une femme. Merci. C’est vraiment un privilège et c’est grâce à celles qui se sont battues avant moi. J’ai pris conscience assez récemment que c’est désormais à moi de prendre la relève et de m’assurer que les femmes ont une voix forte », a déclaré la députée de Compton-Stanstead.

Vicky-May Hamm, mairesse de Magog et récipiendaire du prix Pam McConnell 2020 décerné pour l’avancement et la promotion de l’égalité des genres au sein des programmes de la Fédération canadienne des municipalités (FCM)

La place des femmes en politique

Messages haineux sur les réseaux sociaux, invisibilité, minorité, boys club : plusieurs enjeux ont été soulevés lors de cette rencontre. Et bien que les femmes invitées ne se sentent pas « imposteur » dans leur milieu, elles sont d’accord pour dire qu’il reste du chemin à faire.

La mairesse de Magog Vicki-May Hamm, qui ne sollicitera pas de quatrième mandat en 2021, espère pour sa part voir davantage d’actions mesurables à court et moyen termes pour favoriser l’intégration des femmes en politique.

« À l’international, le Canada est reconnu comme un pays égalitaire et j’en suis fière. Toutefois, il n’y a que 30 % de femmes élues dans les municipalités et que 19 % à titre de mairesse. Il reste assurément du travail à faire », remarque-t-elle.

« Nous avons été la première MRC [Memphrémagog] à adopter une politique d’égalité entre les hommes et les femmes. Maintenant, il faut la mettre en œuvre. Il faut créer des actions mesurables et vérifier l’avancement des femmes en politique. »

« Il ne faut rien tenir pour acquis en pensant que c’est réglé au Québec et au Canada », conclut Vicki-May Hamm.