La Fondation Gilles Daoust, dont la mission est d’amasser des fonds pour les personnes handicapées, organisait un encan d’oeuvres d’art pour venir en aide à Odile-Anne, une étudiante au en pschologie à l’Université de Sherbrooke. Sur la photo, on peut y apercevoir Odile-Anne et Gilles Daoust.

Quand l'art prend la relève du gouvernement

Odile-Anne Desroches souffre d’une maladie neuromusculaire dégénérative qui affecte principalement la force dans ses jambes et dans ses bras. Puisqu’elle est étudiante, elle n’est pas éligible à une subvention gouvernementale pour adapter son logement. Elle a droit à seulement 20 % du montant. Le 80 % restant, elle doit le débourser elle-même.

« Je trouve ça aberrant que, parce que je suis une étudiante, je n’ai pas le droit à un logement adapter à mes besoins », déplore la Drummondvilloise.

Malgré cela, la jeune femme ne s’apitoie pas sur son sort. Elle quitte le nid familial pour entreprendre des études en psychologie à l’Université de Sherbrooke dans le but de devenir psychologue clinicienne.

« Je n’ai jamais remis en question mes études. Je savais que j’allais y aller. La question était plus de savoir par quels moyens. J’ai décidé de venir à l’Université de Sherbrooke, car c’était le programme en psychologie qui m’intéressait », confie-t-elle en précisant que, malgré son handicap, elle ne voulait pas se limiter.

Pour elle, sa condition est davantage un défi qu’un obstacle. « Ce n’est pas ça qui va me faire reculer. »

Toutefois, la recherche d’appartement qu’Odile-Anne doit faire ne s’effectue pas de la même façon que les étudiants sans handicap. Il lui faut un environnement adapté à ses besoins, ce qui nécessite beaucoup de coûts.

« C’est difficile pour moi de me trouver un logement. Outre les escaliers adaptés à mon fauteuil, j’ai besoin d’un comptoir de cuisine à ma hauteur ou encore d’une salle de bain assez grande pour que je puisse circuler sans m’accrocher partout. Dans mon cas, il y a plusieurs adaptations nécessaires. Ces appartements coûtent plus cher et ce n’est pas dans un budget d’étudiant. »

VIVRE ET NON SURVIVRE

C’est lorsqu’il a entendu l’histoire d’Odile-Anne que Gilles Daoust n’a pas hésité un instant pour lui venir en aide.

Depuis 2006, la Fondation Gilles Daoust vient en aide aux gens ayant un handicap. L’homme a lui-même, à la suite d’un accident d’auto alors qu’il avait 21 ans, a perdu l’usage de ses jambes. Comme Odile-Anne, il ne s’est pas apitoyé sur son sort. En plus d’être père de deux enfants, il est aujourd’hui titulaire d’un doctorat.

Gilles Daoust organise des encans d’œuvres d’art pour amasser des fonds qui aideront les gens atteints d’un handicap. Selon lui, aider les autres avec l’art est une bonne façon d’arriver à ses fins, en plus de faire la promotion de l’art.

« C’est un beau médium. Ça permet d’élever notre niveau de conscience et notre niveau d’observation. Être capable de s’intéresser à l’art, ça va dans le dépassement des gens », avance-t-il en précisant qu’il souhaite avant tout aider les gens à s’accomplir.

« Ce que je veux, c’est d’aider les gens à se dépasser et aider les gens à atteindre l’excellence. Il y a plusieurs subventions gouvernementales qui permettent aux gens de survivre. Vive en fauteuil, ça coute cher. On doit tout payer. Que ce soit pour déneiger ou pour un coup de main à l’épicerie. Quelqu’un qui veut une carrière et qui veut se dépasser, ça nécessite beaucoup plus qu’une subvention du gouvernement. On a besoin d’autres ressources, et c’est ce que ma fondation veut offrir. »